Bernard Drainville : le poids du pouvoir
Il faut être honnête.
Bernard Drainville n’est pas un figurant de la politique québécoise.
Il est un acteur central.
Il a servi dans deux gouvernements.
Sous deux premiers ministres.
Avec deux visions différentes du Québec.
Et dans les deux cas, il n’a pas occupé des postes symboliques.
L’ère PQ : le déclencheur du débat
Sous le gouvernement de Pauline Marois et du Parti Québécois, Bernard Drainville fut ministre responsable des Institutions démocratiques.
Son nom restera associé à un projet qui a redéfini le débat public au Québec : la Charte des valeurs.
On peut être pour. On peut être contre.
Mais on ne peut pas nier son impact.
En 581 jours au Conseil des ministres, il a déplacé le centre de gravité du débat identitaire au Québec.
Ce n’était pas de l’administration. C’était de la transformation politique.
L’ère CAQ : le gestionnaire du cœur institutionnel
Sous François Legault et la Coalition Avenir Québec, il a passé 1 194 jours au Cabinet. Ministre de l’Éducation. Puis ministre de l’Environnement.
Ce ne sont pas des ministères décoratifs.
L’Éducation, c’est :
- La pénurie d’enseignants
- Les négociations syndicales
- L’application de la laïcité
- La formation de la prochaine génération
L’Environnement, c’est :
- Les feux de forêt
- Les pressions industrielles
- Les engagements climatiques
- L’équilibre régional
On ne confie pas ces dossiers à quelqu’un en qui on n’a pas confiance.
Pendant plus de mille jours, Bernard Drainville a siégé au cœur du pouvoir exécutif québécois. Il n’était pas en périphérie. Il était dans la pièce.
Ce que cela signifie
On peut débattre des résultats.
Mais il est indéniable qu’il a été :
Un ministre de premier plan. Un interlocuteur central du gouvernement. Un homme de confiance du premier ministre.
Il n’a pas été marginalisé. Il n’a pas été relégué. Il a porté des dossiers lourds. Structurants. Polarisants.
Et maintenant, le trottoir
Puis vient cette image.
Un ministre fort. Un vétéran du pouvoir. Sur un trottoir d’hiver.
Serrant la main de paramédics en moyens de pression. Après plus de mille jours à la table décisionnelle.
La question n’est pas de savoir s’il a écouté.
La question est plus fondamentale.
Un homme qui a porté des ministères structurants pendant plus de mille jours peut-il aujourd’hui devenir le moteur d’une réforme en profondeur du système préhospitalier d’urgence ?
Ou cette poignée de main relève-t-elle simplement du rituel politique — celui où l’on affiche sa présence sans nécessairement déplacer le pouvoir ?
-La dernière ambulance.