Un paramédic expulsé d’un événement de la CAQ pour avoir voulu poser une question

Un paramédic expulsé d’un événement de la CAQ pour avoir voulu poser une question
Photo: Lettre envoyée à Olivier St-Pierre par la Coalition Avenir Québec le 23 février 2026 confirmant la résiliation de son adhésion au parti.

Un paramédic québécois affirme avoir été expulsé d’un événement politique de la Coalition Avenir Québec (CAQ) simplement parce qu’il exerce la profession de paramédic — et souhaitait poser une question sur les négociations qui s’éternisent depuis près de trois ans.

L’incident est survenu le 22 février dernier, lors d’une matinée de rencontre organisée par la CAQ avec les candidats à la chefferie.

Selon Olivier St-Pierre, il était possible pour des citoyens de s’inscrire à l’événement même s’ils ne faisaient pas partie du parti.

« L’événement était privé (selon les organisateurs), mais ouvert à l’inscription du public. Je me suis donc inscrit pour aller poser une question directement aux candidats », explique-t-il en entrevue avec La Dernière Ambulance.

M. St-Pierre s’est ensuite fait offrir d’adhérer à la CAQ, ce qu’il a fait.

« On m’a suggéré d’aller compléter mon adhésion afin de pouvoir voter pour le futur chef. Ce n’était pas une obligation, mais je l’ai fait. »

Une question sur l’avenir des paramédics


M. St-Pierre explique qu’il souhaitait interroger les candidats sur le refus récent de la CAQ de débattre d’une motion du Parti québécois visant à accélérer les négociations avec les paramédics.

Cette motion avait été rejetée par la CAQ majoritaire et n’avait donc pas pu être débattue à l’Assemblée nationale.

« Je voulais entendre leur vision sur cette motion conjointe et savoir comment ils comptent reconnaître la valeur des paramédics », dit-il.

Selon lui, la question était simple :
quelle est la vision du prochain premier ministre pour résoudre le conflit qui dure depuis bientôt trois ans?

Une expulsion immédiate

Mais peu après son arrivée, la situation a pris une tournure inattendue.

M. St-Pierre raconte avoir été approché par deux policiers accompagnés d’un représentant de la CAQ, qui lui ont demandé de quitter les lieux.

« Les policiers m’ont dit que je devais partir. J’ai demandé pourquoi. Ils m’ont demandé quelles étaient mes véritables intentions. »

Lorsqu’il a répondu qu’il souhaitait simplement poser sa question aux candidats, la réponse l’a surpris.

« Ils m’ont dit : “Nous ne vous croyons pas.” »

Selon M. St-Pierre, la raison évoquée était directement liée à sa profession.

« Ils m’ont dit qu’ils savaient que j’étais paramédic et que, dans le contexte de la manifestation qui se déroulait à l’extérieur, il y avait selon eux un avis d’expulsion pour tous les paramédics. »

Pourtant, souligne-t-il :

  • il ne portait aucun uniforme
  • il ne participait à aucune manifestation
  • il n’avait fait aucune intervention

« Je n’étais pas habillé comme paramédic. Je ne criais pas. Je ne faisais pas partie de la manifestation. »

Une expulsion confirmée par écrit

Le lendemain de l’événement, M. St-Pierre a reçu une lettre officielle de la CAQ mettant fin à son adhésion au parti.

Dans cette lettre, datée du 23 février 2026, la CAQ affirme qu’il aurait adopté un « comportement hostile » envers des candidats à la chefferie et certains membres présents lors de l’événement.

Dans la lettre envoyée à M. St-Pierre, la CAQ indique que ce comportement contrevient aux principes et aux objectifs fondamentaux du parti et annonce la résiliation de son adhésion.

La lettre lui demande également de cesser toute communication future avec la CAQ, que ce soit lors d’événements ou par courriel ou par téléphone.

« Ma foi dans le processus démocratique est ébranlée »

Pour M. St-Pierre, l’incident dépasse largement sa situation personnelle.

« Oui, ma foi dans le processus démocratique a été ébranlée », dit-il.

Même s’il affirme ne pas être surpris par la réaction du parti, il estime que l’expulsion illustre une fermeture inquiétante face aux questions des citoyens.

« Je voulais simplement poser une question à ceux qui aspirent à devenir mon prochain premier ministre. »

Activisme et réaction disproportionnée ?

M. St-Pierre précise qu’il ne s’agissait pas de sa première implication dans des actions citoyennes. Mais la réaction, selon lui, demeure disproportionnée.

« J’étais choqué par la réaction. C’était une réaction excessive. »

Aujourd’hui, il affirme vouloir partager son expérience afin de soulever une question plus large :

jusqu’où les citoyens peuvent-ils aller pour poser des questions à leurs élus?


Contactée par La Dernière Ambulance, la Coalition Avenir Québec affirme que l’adhésion de M. St-Pierre a été annulée « en vertu de la constitution du parti qui stipule que les membres doivent adhérer aux valeurs de la Coalition Avenir Québec », a indiqué la directrice des communications et des relations médias du parti, Claude Potvin.

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