Who uses an ambulance for low-acuity care? A U.S. study raises questions for Québec
La version française suit la version anglaise.
When a patient arrives by ambulance for a problem ultimately classified as low acuity, the discussion often centres on one question: should they have called? A new American study examines another part of the picture: the circumstances associated with ambulance use.
Published October 12 in Prehospital Emergency Care, the study examined 41,761 adult emergency department encounters at 21 hospitals in the southeastern United States between January 2016 and April 2025. Patients had been classified at Emergency Severity Index levels 4 or 5, then discharged.
Of those encounters, 3,232 patients—7.7%—arrived by ambulance. That percentage describes ambulance use among the low-acuity encounters selected for the study. It does not represent the proportion of all ambulance transports classified as low acuity.
After adjusting for other measured factors, researchers found higher odds of ambulance arrival among patients who were retired or disabled, unemployed, had a mental health diagnosis, or presented at night. Older age was also associated with ambulance use. Patients with an established primary care clinician had lower odds of arriving by ambulance.
What low acuity tells us—and what it leaves unanswered
The classification deserves attention. Encounters were selected using the triage level assigned at the emergency department and the patient’s subsequent discharge. That information becomes available once the patient has reached the hospital.
The person deciding whether to call for help does not yet have that assessment. Neither does the person answering the initial call.
This retrospective, observational study identifies associations. It cannot establish why each patient requested an ambulance or whether they had a safe, realistic alternative. Having an established primary care clinician, for example, does not necessarily mean being able to see that clinician when symptoms develop.
The authors suggest that some patients could benefit from treatment at the scene or transport to a destination other than the emergency department, alongside better access to primary care and mental health services. The study did not evaluate those alternatives.
A question for Québec
These findings cannot simply be transferred to Québec, where healthcare coverage, ambulance services and access to resources differ. They nevertheless offer a direction worth exploring.
When a problem is ultimately classified as low acuity, what options were actually available when the person called for help?
Could they obtain a timely appointment? Was another service open and accessible? Could they travel safely without assistance? Was someone available to drive them? What symptoms led them—or someone close to them—to believe an ambulance was necessary?
The American study does not answer those questions for Québec. But they deserve to be asked before presenting a hospital triage level as proof that someone called unnecessarily.
Understanding ambulance use for low-acuity problems requires examining both the patient’s condition and the choices available at the time of the call.
Study: Muthersbaugh HC, Winslow JE, Grover JM, Gillette CM. Factors Associated with Low-Acuity EMS Transport to the Emergency Department: An Observational Study Guided by the Andersen Behavioral Model. Prehospital Emergency Care. Published online October 12, 2026.
Qui utilise une ambulance pour des soins de faible priorité? Une étude américaine soulève des questions pour le Québec
Lorsqu’un patient arrive en ambulance pour un problème finalement jugé de faible priorité, la discussion tourne souvent autour d’une question : aurait-il dû appeler? Une nouvelle étude américaine examine une autre partie du portrait : les circonstances associées au recours à l’ambulance.
Publiée le 12 octobre dans la revue Prehospital Emergency Care, l’étude porte sur 41 761 visites d’adultes dans les urgences de 21 hôpitaux du sud-est des États-Unis, entre janvier 2016 et avril 2025. Les patients avaient été classés aux niveaux 4 ou 5 de l’Emergency Severity Index, une échelle de triage utilisée aux États-Unis, puis avaient obtenu leur congé.
Parmi ces visites, 3 232 patients — soit 7,7 % — étaient arrivés en ambulance. Ce pourcentage représente le recours à l’ambulance parmi les visites de faible priorité retenues pour l’étude. Il ne représente pas la proportion de l’ensemble des transports ambulanciers jugés de faible priorité.
Après ajustement pour tenir compte des autres facteurs mesurés, les chercheurs ont constaté que l’arrivée en ambulance était davantage associée à la retraite ou à une situation d’invalidité, au chômage, à un diagnostic de trouble de santé mentale et à une consultation durant la nuit. L’âge plus avancé était également associé au recours à l’ambulance. À l’inverse, les patients ayant un professionnel de première ligne attitré étaient moins susceptibles d’arriver en ambulance.
Ce que la faible priorité nous apprend — et ce qu’elle ne dit pas
La classification mérite qu’on s’y attarde. Les visites ont été sélectionnées à partir du niveau de triage attribué à l’urgence et du fait que les patients avaient ensuite obtenu leur congé. Ces renseignements deviennent disponibles une fois le patient rendu à l’hôpital.
La personne qui décide d’appeler à l’aide ne dispose pas encore de cette évaluation. La personne qui reçoit l’appel initial non plus.
Cette étude rétrospective et observationnelle relève des associations. Elle ne permet pas d’établir pourquoi chaque patient a demandé une ambulance ni s’il disposait d’une autre option sécuritaire et réaliste. Avoir un professionnel de première ligne attitré, par exemple, ne signifie pas nécessairement pouvoir le consulter au moment où les symptômes apparaissent.
Les auteurs proposent que certains patients puissent bénéficier de soins sur place ou d’un transport vers une autre ressource que l’urgence, accompagnés d’un meilleur accès aux soins de première ligne et aux services de santé mentale. L’étude n’a toutefois pas évalué ces solutions.
Une réflexion pour le Québec
Ces résultats ne peuvent pas être transposés directement au Québec, où la couverture des soins, l’organisation des services ambulanciers et l’accès aux ressources diffèrent. Ils offrent néanmoins une piste à explorer.
Lorsqu’un problème est finalement jugé de faible priorité, quelles options étaient réellement disponibles au moment où la personne a appelé à l’aide?
Pouvait-elle obtenir une consultation dans un délai raisonnable? Une autre ressource était-elle ouverte et accessible? Pouvait-elle se déplacer sans assistance et de façon sécuritaire? Quelqu’un pouvait-il la conduire? Quels symptômes lui ont fait croire — ou ont fait croire à un proche — qu’une ambulance était nécessaire?
L’étude américaine ne répond pas à ces questions pour le Québec. Mais ces questions méritent d’être posées avant de présenter un niveau de triage hospitalier comme la preuve qu’une personne a appelé inutilement.
Comprendre le recours à l’ambulance pour des problèmes de faible priorité exige de regarder à la fois l’état du patient et les choix qui s’offraient à lui au moment de l’appel.
Étude : Muthersbaugh HC, Winslow JE, Grover JM, Gillette CM. Factors Associated with Low-Acuity EMS Transport to the Emergency Department: An Observational Study Guided by the Andersen Behavioral Model. Prehospital Emergency Care. Publication en ligne le 12 octobre 2026.