Les futurs paramédics passent à la mobilisation

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Les futurs paramédics passent à la mobilisation

Manifestation, pancartes et interpellation des candidats : à Chicoutimi, les étudiants en soins préhospitaliers ne veulent plus attendre.

CHICOUTIMI — Depuis le mois de mai, ils attendent.

Après près de 3 000 heures de formation en techniques de soins préhospitaliers d’urgence, il ne manque à certains étudiants du Cégep de Chicoutimi que 50 heures de stage pour obtenir leur diplôme et pouvoir entrer sur le marché du travail.

Jeudi, ils ont décidé de se faire entendre.

Plusieurs dizaines d’étudiants ont manifesté en marge du débat électoral de Radio-Canada au Théâtre C, à Chicoutimi, pancartes à la main.

Selon Radio-Canada, une vingtaine d’étudiants n’ont pas pu obtenir leur diplôme au printemps dernier parce qu’ils n’avaient pas pu compléter leurs heures de stage en raison de la grève des tâches administratives des paramédics.

Mais les étudiants ne sont pas restés à l’extérieur.

Lors de la période de questions suivant le débat, ils ont porté leur problème directement devant les cinq candidats présents : Yannick Gagnon de la Coalition avenir Québec, Marie-Karlynn Laflamme du Parti québécois, Serge Bergeron du Parti libéral du Québec, Jeanne Palardy de Québec solidaire et Catherine Morissette du Parti conservateur du Québec.

Ils ne leur ont pas simplement demandé de prendre position sur le conflit.

Ils leur ont demandé ce qu’ils allaient faire — et quand.


« Ma question s’adresse donc à vous cinq »

LDA a obtenu le texte de la question préparée par les étudiants et posée aux candidats. Nous la reproduisons intégralement :

Bonjour,

Je prends la parole aujourd’hui au nom des étudiants en soins préhospitaliers d’urgence.

Depuis le mois de mai, en raison du conflit de travail impliquant les paramédics, nous sommes dans l’impossibilité de terminer notre formation et d’obtenir notre diplôme.

Il ne nous reste pourtant que 50 heures de stage à compléter. Seulement 50 heures nous séparent de notre diplôme et de notre entrée sur le marché du travail.

Cette situation a des conséquences bien réelles. Des étudiants qui ont travaillé pendant des années pour exercer un métier essentiel voient aujourd’hui leurs projets de vie reportés, leurs engagements financiers fragilisés et leur avenir professionnel plongé dans l’incertitude.

Nous comprenons que ce conflit comporte des enjeux économiques et des négociations complexes. Mais devons-nous réellement accepter que notre avenir soit compromis pendant que les négociations se poursuivent ?

Notre avenir ne devrait pas être mis de côté pour des enjeux économiques, d’autant plus que nous sommes de futurs paramédics prêts à contribuer à un réseau préhospitalier qui a un grand besoin de relève.

Ma question s’adresse donc à vous cinq :

Quelles actions concrètes vous engagez-vous à entreprendre pour nous sortir de cette impasse, nous permettre de compléter nos 50 dernières heures de stage et d’obtenir notre diplôme, tout en respectant les droits des travailleurs ?

Et surtout, après tous ces mois d’attente, dans quels délais comptez-vous agir ?

Les cinq candidats ont répondu.

Aucun n’a toutefois donné aux étudiants le délai précis qu’ils demandaient.


Cinq candidats, cinq réponses

Serge Bergeron — PLQ

Bergeron a dit avoir été surpris d’apprendre que le conflit avait des conséquences jusque sur la diplomation des étudiants.

Il a évoqué plus largement les difficultés vécues par les services ambulanciers en région et s’est engagé, si son parti prend le pouvoir, à s’asseoir rapidement avec les paramédics, à comprendre le dossier et à tenter de trouver une solution.

Il n’a toutefois pas indiqué quand les étudiants pourraient reprendre leurs stages.

Yannick Gagnon — CAQ

Gagnon a affirmé être déjà impliqué dans le dossier des négociations entre les paramédics et le gouvernement et être régulièrement en communication avec les parties.

« Je veux parler moins, agir plus », a-t-il dit.

Il a invité les étudiants à lui remettre leur document et s’est engagé à le transmettre à la cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, proposant également un suivi direct avec eux.

Il n’a toutefois pas donné de date pour la reprise des stages.

Jeanne Palardy — QS

Palardy a rappelé que les paramédics étaient déjà en conflit de travail lorsqu’elle était impliquée dans l’association étudiante du Cégep de Chicoutimi.

Elle a affirmé que Québec solidaire voulait que les paramédics soient reconnus comme du personnel de la santé et a exprimé son appui aux revendications des paramédics.

Sa réponse ne comportait toutefois ni mesure spécifique permettant à ces étudiants de terminer leurs 50 heures ni échéancier.

Marie-Karlynn Laflamme — PQ

Laflamme a félicité les étudiants pour leur mobilisation et dit ressentir « l’urgence d’agir ».

Elle a indiqué avoir rencontré des paramédics récemment et s’est engagée à « régler cette situation-là le plus rapidement possible » si le Parti québécois prend le pouvoir.

Elle n’a pas donné de délai précis pour permettre aux étudiants de terminer leurs stages.

Catherine Morissette — PCQ

Morissette a qualifié le dossier de priorité et affirmé que les paramédics étaient du personnel soignant de première ligne.

Elle est ensuite revenue sur les stages, affirmant qu’à son avis, les stages devraient être rémunérés, peu importe le domaine.

Sa réponse ne précisait toutefois pas comment les étudiants actuellement bloqués pourraient terminer leurs heures ni dans quel délai.


Ils ne veulent plus attendre

Ces étudiants ne négocient pas la convention collective.

Ils ne déterminent pas les moyens de pression.

Ils ont suivi leur formation. Ils veulent terminer leurs stages, obtenir leur diplôme et commencer à travailler.

Et jeudi, quelque chose a changé.

Ils ont manifesté. Ils ont apporté leurs pancartes. Puis ils sont entrés dans un débat électoral et ont demandé directement des comptes à ceux et celles qui souhaitent les représenter.

Il serait prématuré de parler d’un nouveau mouvement étudiant. Mais les images de Chicoutimi ont quelque chose de familier au Québec : des étudiants qui décident qu’attendre ne suffit plus.

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Future paramedics mobilize

A demonstration, protest signs and direct questions for political candidates: in Chicoutimi, paramedic students say they are done waiting.

CHICOUTIMI — They have been waiting since May.

After completing nearly 3,000 hours of training in prehospital emergency care, some students at Cégep de Chicoutimi are just 50 hours of clinical placement away from graduating and entering the workforce.

On Thursday, they decided to make themselves heard.

Several dozen students demonstrated outside Radio-Canada’s election debate at Théâtre C in Chicoutimi, carrying protest signs.

According to Radio-Canada, about 20 students were unable to graduate last spring because they could not complete their required placement hours as a result of the paramedics’ administrative-tasks strike.

But the students did not remain outside.

During the question period following the debate, they took their problem directly to the five candidates in attendance: Yannick Gagnon of the Coalition avenir Québec, Marie-Karlynn Laflamme of the Parti québécois, Serge Bergeron of the Quebec Liberal Party, Jeanne Palardy of Québec solidaire and Catherine Morissette of the Conservative Party of Quebec.

They did not simply ask the candidates to take a position on the labour dispute.

They asked what they were going to do — and when.


“My question, then, is for all five of you”

LDA obtained the text of the question prepared by the students and put to the candidates. We reproduce it in full:

Hello,

I am speaking today on behalf of students in prehospital emergency care.

Since May, because of the labour dispute involving paramedics, we have been unable to complete our training and obtain our diplomas.

Yet we have only 50 hours of placement left to complete. Just 50 hours stand between us and our diplomas, and between us and entering the workforce.

This situation has very real consequences. Students who have worked for years to enter an essential profession are now seeing their life plans delayed, their financial commitments put at risk and their professional futures thrown into uncertainty.

We understand that this dispute involves economic issues and complex negotiations. But should we really have to accept that our futures are put at risk while negotiations continue?

Our futures should not be pushed aside because of economic issues, especially when we are future paramedics ready to contribute to a prehospital system that badly needs new personnel.

My question, then, is for all five of you:

What concrete actions are you prepared to take to get us out of this impasse, allow us to complete our final 50 hours of placement and obtain our diplomas, while respecting workers’ rights?

And most importantly, after all these months of waiting, how quickly do you intend to act?

All five candidates responded.

None, however, gave the students the specific timeline they had requested.


Five candidates, five answers

Serge Bergeron — Quebec Liberal Party

Bergeron said he was surprised to learn that the labour dispute was affecting students’ ability to graduate.

He spoke more broadly about the difficulties facing ambulance services in the regions and said that, if his party forms government, it would quickly sit down with paramedics, understand the situation and try to find a solution.

He did not say when the students might be able to resume their placements.

Yannick Gagnon — CAQ

Gagnon said he was already involved in the negotiations between paramedics and the government and was regularly communicating with the parties.

“I want to talk less and act more,” he said.

He invited the students to give him their document and committed to forwarding it to CAQ leader Christine Fréchette. He also offered to follow up directly with the students.

He did not provide a date for the resumption of their placements.

Jeanne Palardy — Québec solidaire

Palardy noted that paramedics were already involved in a labour dispute when she was active in the Cégep de Chicoutimi student association.

She said Québec solidaire wants paramedics to be recognized as healthcare personnel and expressed support for the paramedics’ demands.

Her response, however, included neither a specific measure that would allow these students to complete their remaining 50 hours nor a timeline.

Marie-Karlynn Laflamme — Parti québécois

Laflamme congratulated the students for mobilizing and said she felt there was an “urgency to act.”

She said she had recently met with paramedics and committed to resolving the situation “as quickly as possible” if the Parti québécois forms government.

She did not provide a specific timeline for allowing the students to complete their placements.

Catherine Morissette — Conservative Party of Quebec

Morissette described the issue as a priority and said paramedics are frontline healthcare workers.

She then turned to the issue of placements, saying that, in her view, student placements should be paid regardless of the field.

Her response did not specify how the students who are currently unable to graduate could complete their remaining hours or when that might happen.


They are done waiting

These students are not negotiating the collective agreement.

They do not decide what pressure tactics are used.

They completed their training. They want to finish their placements, earn their diplomas and start working.

And on Thursday, something changed.

They demonstrated. They brought their signs. Then they walked into an election debate and directly challenged the people seeking to represent them to provide answers.

It would be premature to call this a new student movement. But there is something familiar in Quebec about the images from Chicoutimi: students deciding that waiting is no longer enough.

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