OPINION | Combien coûte réellement une ambulance au Québec?

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OPINION | Combien coûte réellement une ambulance au Québec?

La semaine dernière, LDA comparait le prix d’un transport ambulancier de 48 kilomètres dans deux systèmes très différents.

Dans le comté de San Bernardino, en Californie : jusqu’à environ 8 630 $ CA.
Au Québec : 209 $.

Les réactions ont été nombreuses. Et une conclusion revenait souvent : heureusement que nous ne sommes pas aux États-Unis.

D’accord.

Mais ce n’était qu’une partie de l’histoire.

Le problème n’est pas que l’ambulance coûte 209 $ au patient québécois.

Le problème est qu’après près de trois décennies, Québec ne sait toujours pas clairement s’il paie le juste prix pour les services ambulanciers qu’il achète.

En 1996-1997, selon le Vérificateur général du Québec, le coût moyen des services était de 433 $ par transport. La facturation moyenne était de 157 $, soit 36 %.
En 2023-2024, le coût moyen des services atteignait 1 214 $.

La facturation moyenne?

154 $.

Elle avait donc légèrement diminué en dollars courants en près de trois décennies, alors que la part provenant du ministère et d’autres sources était passée de 64 % à 87 %.

Mais le chiffre de 1 214 $ ne nous dit pas si Québec paie le juste prix pour les services qu’il achète.

Et sur cette question, le Vérificateur général est clair : le ministère ne dispose toujours pas d’une connaissance suffisante de la situation financière des entreprises ambulancières.

Le VGQ donne d’ailleurs un titre assez révélateur à cette partie de son rapport de 2025 : « Méconnaissance du juste prix ».

Ce n’est pas un nouveau problème.

En 1998, le Vérificateur général recommandait déjà au ministère de s’assurer qu’il payait un juste prix pour les services ambulanciers.

En 2014, le Comité national sur les services préhospitaliers d’urgence recommandait notamment d’exiger des entreprises ambulancières des états financiers audités par un tiers indépendant ainsi que des rapports de gestion.

Ce n’est qu’avec le contrat entré en vigueur en octobre 2023 que les entreprises ont été tenues de transmettre annuellement leurs états financiers audités au ministère.

Même là, le VGQ constate qu’ils ne sont pas présentés de façon uniforme, qu’ils ne contiennent pas toute l’information nécessaire et que des analyses supplémentaires sont requises pour pouvoir comparer les entreprises.

Pendant ce temps, le tarif facturé au patient québécois est demeuré pratiquement figé.

La prise en charge d’un résident canadien coûte toujours 125 $, plus 1,75 $ par kilomètre.

Ces tarifs n’ont pas été révisés depuis 1997.

Et selon le VGQ, ce n’est qu’à l’automne 2024 que le ministère a entrepris une analyse afin de déterminer s’ils devraient être modifiés.

Voilà où cette histoire devient beaucoup plus qu’une curiosité comptable.

Au Québec, nous débattons constamment du nombre d’ambulances sur la route, des ruptures de service, des horaires de faction, des délais de réponse, du manque de paramédics et des heures de service à ajouter.

Mais comment déterminer si le réseau est suffisamment financé si nous ne savons pas avec suffisamment de précision si le gouvernement paie le juste prix pour les services qu’il achète?

Peut-être Québec ne paie-t-il pas suffisamment.

Peut-être certaines régions sont-elles adéquatement financées et d’autres non.

Peut-être certains éléments coûtent-ils trop cher.

Et peut-être que le « coût par transport » est lui-même une mauvaise façon de mesurer un service qui doit maintenir une ambulance et deux paramédics disponibles même lorsqu’aucun patient n’est transporté.

Nous ne le savons pas.

C’est précisément le problème.

Les 8 630 $ de San Bernardino ont fait sursauter.

Les 209 $ du Québec ont rassuré.

Mais c’est peut-être le mauvais chiffre qui nous a fait peur.

La question n’est pas de savoir si Québec devrait faire payer davantage les patients.

Elle est beaucoup plus fondamentale :
Combien devrait réellement coûter le service ambulancier québécois — et pourquoi, en 2026, ne sommes-nous toujours pas capables d’y répondre avec suffisamment de précision?

Source principale : Vérificateur général du Québec, Rapport du Vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale pour l’année 2024-2025, chapitre 3 — Services ambulanciers.

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The true cost of Ambulance Services in Québec

Last week, LDA compared the price of a 48-kilometre ambulance transport in two very different systems.

In San Bernardino County, California: as much as approximately C$8,630.
In Quebec: $209.

The reaction was considerable. And one conclusion came up repeatedly: thankfully, we’re not in the United States.

Fair enough.

But that was only part of the story.

The problem isn’t that an ambulance costs a Quebec patient $209.

The problem is that after nearly three decades, Quebec still does not clearly know whether it is paying a fair price for the ambulance services it purchases.

In 1996-1997, according to Quebec’s Auditor General, the average cost of ambulance services was $433 per transport. The average amount billed was $157, or 36%.

By 2023-2024, the average cost of services had reached $1,214.

The average amount billed?

$154.

It had actually declined slightly in nominal dollars over nearly three decades, while the share coming from the ministry and other sources had increased from 64% to 87%.

But the $1,214 figure does not tell us whether Quebec is paying a fair price for the services it purchases.

And on that question, the Auditor General is clear: the ministry still does not have sufficient knowledge of the financial situation of ambulance companies.

The Auditor General gave this section of its 2025 report a rather revealing title: “Lack of knowledge of the fair price.”

This is not a new problem.

As far back as 1998, the Auditor General recommended that the ministry ensure it was paying a fair price for ambulance services.

In 2014, the National Committee on Prehospital Emergency Services recommended, among other things, requiring ambulance companies to provide financial statements audited by an independent third party, along with management reports.

It was only with the contract that came into effect in October 2023 that ambulance companies were required to submit audited financial statements to the ministry every year.

Even then, the Auditor General found that those statements are not presented uniformly, do not contain all the information required, and require additional analysis before companies can be properly compared.

Meanwhile, the amount charged to Quebec patients has remained virtually frozen.

The base charge for a Canadian resident remains $125, plus $1.75 per kilometre.

Those rates have not been revised since 1997.

And according to the Auditor General, it was only in the fall of 2024 that the ministry began an analysis to determine whether they should be changed.

This is where the story becomes much more than an accounting curiosity.

In Quebec, we constantly debate the number of ambulances on the road, service interruptions, on-call schedules, response times, paramedic shortages and how many additional service hours should be added.

But how can we determine whether the system is adequately funded if we cannot determine with sufficient precision whether the government is paying a fair price for the services it purchases?

Perhaps Quebec is not paying enough.

Perhaps some regions are adequately funded and others are not.

Perhaps some components cost too much.

And perhaps “cost per transport” is itself the wrong way to measure a service that must keep an ambulance and two paramedics available even when no patient is transported.

We don’t know.

That is precisely the problem.

San Bernardino’s $8,630 made people recoil.

Quebec’s $209 was reassuring.

But perhaps we were alarmed by the wrong number.

The question is not whether Quebec should charge patients more.

It is much more fundamental:

What should Quebec’s ambulance service actually cost — and why, in 2026, are we still unable to answer that question with sufficient precision?

Primary source: Auditor General of Quebec, Report of the Auditor General of Quebec to the National Assembly for 2024-2025, Chapter 3 — Ambulance Services.

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