SANTÉ MENTALE | Derrière l’uniforme, un portrait préoccupant de la santé mentale des paramédics québécois

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SANTÉ MENTALE | Derrière l’uniforme, un portrait préoccupant de la santé mentale des paramédics québécois

La Dernière Ambulance — LDA

Une étude québécoise trace un portrait préoccupant de la santé mentale d’une partie des paramédics de la province.

Une recherche menée par une équipe de l’Université du Québec à Rimouski et maintenant publiée dans la Revue québécoise de psychologie révèle des niveaux importants de symptômes d’anxiété, de dépression, de stress post-traumatique et d’épuisement professionnel parmi les paramédics ayant participé à l’étude.

Entre le 30 mai et le 30 juin 2024, 282 paramédics ont rempli le questionnaire de recherche, qui comprenait notamment trois outils de dépistage validés portant sur l’anxiété et la dépression, le trouble de stress post-traumatique et l’épuisement professionnel.

Les résultats sont difficiles à ignorer.

41,5 % des participants présentaient une symptomatologie d’anxiété jugée douteuse ou certaine.

23 % présentaient une symptomatologie de dépression douteuse ou certaine.

18,4 % présentaient une symptomatologie liée au trouble de stress post-traumatique, douteuse ou certaine selon les seuils du PCL-5.

Et 44 % présentaient un niveau modéré ou élevé d’épuisement émotionnel.


Deux paramédics sur trois

Mais un autre chiffre retient particulièrement l’attention.

Près de 69 % des participants présentaient un niveau modéré ou élevé de dépersonnalisation — l’une des trois dimensions mesurées par l’inventaire d’épuisement professionnel de Maslach.

Dans le rapport, la dépersonnalisation est associée à des réactions impersonnelles, négatives ou indifférentes envers les personnes auxquelles des services sont prodigués. Les chercheurs expliquent que cette distance peut apparaître en réponse à l’épuisement émotionnel et rendre le travail émotionnellement plus facile à gérer.

Dans l’échantillon étudié, 42,9 % des participants avaient un score élevé de dépersonnalisation et 25,9 % un score modéré.

Les chercheurs constatent une présence marquée de dépersonnalisation et précisent que les causes profondes de cette situation restent à identifier.


Ce ne sont pas des diagnostics

Il faut toutefois lire ces résultats avec prudence.

Les chercheurs ne diagnostiquaient pas les participants. Les questionnaires utilisés sont des outils de dépistage et d’autoévaluation.

Le rapport précise qu’une autoévaluation, même réalisée à l’aide d’un questionnaire validé, ne permet pas de confirmer un diagnostic. Celui-ci doit être établi par un clinicien formé et autorisé.

Même distinction pour l’épuisement professionnel.

Dire que 44 % des répondants présentaient un épuisement émotionnel modéré ou élevé ne signifie pas que 44 % présentaient un degré élevé d’épuisement professionnel.

Lorsque les chercheurs ont combiné les trois dimensions du test de Maslach — épuisement émotionnel, dépersonnalisation et accomplissement personnel — 20 participants, soit 7 %, présentaient la combinaison correspondant à un degré élevé d’épuisement professionnel.


Un portrait, pas un recensement

Il faut également être prudent avec le mot « Québec ».

La population visée par l’étude comptait environ 1 700 paramédics membres de la Fédération du préhospitalier du Québec (FPHQ) ou des Travailleurs ambulanciers syndiqués de Beauce (TASBI), répartis dans 12 régions administratives.

Les 282 questionnaires complétés représentent un taux de participation de 16,6 %.

L’échantillonnage était non probabiliste et la participation volontaire.

Les chercheurs reconnaissent que cette méthode limite la possibilité de généraliser les résultats. Ils appellent explicitement à s’abstenir de toute « généralisation hâtive ».

L’étude constitue donc un portrait, pas un recensement.

Elle ne permet pas non plus d’affirmer que le travail paramédic est responsable de tous les symptômes observés. La recherche est descriptive et ne tente pas d’établir de relation de cause à effet.

Les auteurs précisent qu’ils ne peuvent déterminer quelle proportion des symptômes observés serait spécifiquement liée à l’exercice de la profession.


Les hommes ressortent du portrait

Une autre observation mérite qu’on s’y attarde.

Les hommes participant à l’étude présentaient davantage de symptômes de dépression et de stress post-traumatique que les femmes, ainsi que des scores plus élevés d’épuisement émotionnel et de dépersonnalisation.

Pour la dépression, 28 % des hommes présentaient une symptomatologie douteuse ou certaine, contre 15,8 % des femmes.

Pour le stress post-traumatique : 20,2 % contre 15,8 %.

Pour la dépersonnalisation : 73,2 % contre 62,3 %.

L’anxiété faisait exception : 44,7 % des femmes contre 39,3 % des hommes.

Dans leur conclusion, les chercheurs soulignent cette différence et estiment qu’elle mérite d’être explorée davantage. Ils signalent également certaines tendances liées notamment à l’âge, aux années d’expérience et à la situation familiale, tout en précisant que des analyses additionnelles sont nécessaires pour les confirmer.

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Et maintenant?

C’est peut-être là que cette étude devient particulièrement importante.

Parce qu’elle fournit un portrait, mais ne permet pas encore d’identifier les causes de ce qu’elle observe.

Les chercheurs proposent que de prochains travaux examinent notamment les éléments organisationnels pouvant agir sur la santé mentale, le soutien social, les facteurs de protection et la résilience.

Ils recommandent également de jumeler les questionnaires quantitatifs à des entrevues semi-dirigées afin de mieux comprendre les réalités vécues par les paramédics.

Le portrait présenté aujourd’hui comporte donc des limites importantes.

Mais il offre aussi un point de départ.

Pour 282 paramédics ayant accepté de répondre à 63 questions au printemps 2024, les résultats documentent des symptômes d’anxiété, de dépression et de stress post-traumatique ainsi que des dimensions de l’épuisement professionnel.

Ils permettent de mesurer une partie du problème.

Comprendre pourquoi sera la prochaine étape.


MENTAL HEALTH | Behind the uniform, a troubling picture of Quebec paramedics’ mental health

The Last Ambulance — TLA

A Quebec study paints a troubling picture of the mental health of some of the province’s paramedics.

Research conducted by a team at the Université du Québec à Rimouski and now published in the Revue québécoise de psychologie found significant levels of symptoms associated with anxiety, depression, post-traumatic stress and burnout among the paramedics who participated in the study.

Between May 30 and June 30, 2024, 282 paramedics completed the research questionnaire, which included three validated screening tools examining anxiety and depression, post-traumatic stress disorder and burnout.

The results are difficult to ignore.

41.5% of participants showed anxiety symptoms classified as possible or probable.

23% showed depression symptoms classified as possible or probable.

18.4% showed symptoms associated with post-traumatic stress disorder, classified as possible or probable according to PCL-5 thresholds.

And 44% showed moderate or high levels of emotional exhaustion.


Two paramedics out of three

But another number stands out.

Nearly 69% of participants showed moderate or high levels of depersonalization — one of the three dimensions measured by the Maslach Burnout Inventory.

In the report, depersonalization is associated with impersonal, negative or indifferent reactions toward people receiving services. The researchers explain that this distancing can emerge in response to emotional exhaustion and can make emotionally demanding work easier to manage.

Among the participants, 42.9% had a high depersonalization score and 25.9% had a moderate score.

The researchers noted the significant presence of depersonalization and said its underlying causes remain to be identified.


These are not diagnoses

The results must, however, be interpreted cautiously.

The researchers were not diagnosing the participants. The questionnaires used were screening and self-assessment tools.

The report makes clear that a self-assessment, even one conducted using a validated questionnaire, cannot confirm a diagnosis. A diagnosis must be made by a trained and authorized clinician.

The same distinction applies to burnout.

Saying that 44% of respondents showed moderate or high emotional exhaustion does not mean that 44% had a high degree of burnout.

When researchers combined all three dimensions of the Maslach inventory — emotional exhaustion, depersonalization and personal accomplishment — 20 participants, or 7%, had the combination corresponding to a high degree of burnout.

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A snapshot, not a census

It is also important to be careful with the word “Quebec.”

The population targeted by the study included approximately 1,700 paramedics who were members of the Fédération du préhospitalier du Québec (FPHQ) or the Travailleurs ambulanciers syndiqués de Beauce (TASBI), across 12 administrative regions.

The 282 completed questionnaires represent a participation rate of 16.6%.

Sampling was non-probabilistic and participation was voluntary.

The researchers acknowledge that this methodology limits the extent to which the findings can be generalized. They explicitly caution against any “hasty generalization.”

The study therefore provides a snapshot, not a census.

Nor does it establish that paramedic work is responsible for all of the symptoms observed. The research is descriptive and does not attempt to establish cause and effect.

The authors note that they cannot determine what proportion of the symptoms observed may be specifically attributable to working as a paramedic.


Men stand out in the findings

Another observation deserves attention.

Men participating in the study showed more symptoms of depression and post-traumatic stress than women, as well as higher scores for emotional exhaustion and depersonalization.

For depression, 28% of men showed possible or probable symptoms, compared with 15.8% of women.

For post-traumatic stress: 20.2% compared with 15.8%.

For depersonalization: 73.2% compared with 62.3%.

Anxiety was the exception: 44.7% of women compared with 39.3% of men.

In their conclusion, the researchers highlight this difference and say it warrants further investigation. They also identify possible trends related to age, years of experience and family situation, while noting that additional analyses are needed to confirm them.


What comes next?

This may be where the study becomes particularly important.

It provides a picture of what is happening, but it cannot yet tell us why.

The researchers suggest that future work examine organizational factors that may affect mental health, along with social support, protective factors and resilience.

They also recommend combining quantitative questionnaires with semi-structured interviews to better understand paramedics’ lived experiences.

The picture presented today therefore has important limitations.

But it also provides a starting point.

For 282 paramedics who agreed to answer 63 questions in the spring of 2024, the findings document symptoms of anxiety, depression and post-traumatic stress, as well as dimensions of burnout.

They allow us to measure part of the problem.

Understanding why will be the next step.

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