Urgences-santé le dit elle-même : l’exception ne peut pas devenir la routine

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Urgences-santé le dit elle-même : l’exception ne peut pas devenir la routine

La Dernière Ambulance - LDA

Urgences-santé reconnaît dans son propre plan de résilience que les mesures utilisées pour gérer les périodes de fort déséquilibre entre l’offre et la demande en services préhospitaliers ont leurs limites — particulièrement lorsqu’elles doivent être utilisées fréquemment ou pendant des périodes prolongées.

Dans son Plan de résilience face aux changements climatiques — Services préhospitaliers d’urgence, publié en 2026, l’organisation décrit notamment deux mécanismes : les actions prévisionnelles (AP) et les mesures d’action de protection (MAP).

Les AP permettent de préparer l’organisation lorsqu’une augmentation de la demande peut être anticipée, notamment par l’ajustement des effectifs et des équipements.

Mais Urgences-santé constate que leur efficacité peut diminuer lorsque les crises sont imprévues, prolongées ou se succèdent rapidement, mettant alors les ressources et le personnel à rude épreuve.

Les MAP interviennent lorsqu’il existe un déséquilibre entre l’offre et la demande. Elles servent à recalibrer la réponse préhospitalière afin de prioriser les besoins les plus critiques.

Sur leur utilisation répétée, le constat d’Urgences-santé est particulièrement direct.

L’organisation indique qu’un recours fréquent aux MAP devient problématique parce que ces mesures sont exigeantes pour le personnel et exercent une pression considérable sur les intervenants.

Elle précise que les MAP sont « conçues pour des situations exceptionnelles » et qu’elles ne sont pas adaptées à une utilisation continue ou répétée sur de courtes périodes.

Cette affirmation mérite d’être replacée dans le contexte opérationnel documenté par La Dernière Ambulance.

Depuis plusieurs années, LDA rapporte régulièrement des périodes pendant lesquelles Urgences-santé fonctionne sous différents niveaux de MAP à Montréal et Laval.

Le phénomène ne se limite pas à quelques épisodes isolés.

Le 29 juin dernier, par exemple, LDA rapportait qu’Urgences-santé fonctionnait en MAP 2 alors qu’il manquait 20 paramédics au quart de jour — l’équivalent de 10 ambulances.

Le lendemain, le 30 juin, l’organisation est passée en MAP 3. À 11 h 15, 19 appels de priorité 3 étaient toujours en attente d’affectation, dont le plus ancien depuis 1 h 48.

Quelques jours plus tard, dans la nuit du 2 au 3 juillet, la MAP 3 s’est prolongée pendant plus de 12 heures avant qu’Urgences-santé ne revienne en MAP 1 à 5 h 38.

Plus récemment encore, le 5 septembre à 22 h 12, Urgences-santé se trouvait en MAP 1 depuis plus de 28 heures consécutives. L’organisation avait d’abord atteint la MAP 2 la veille, avant de redescendre en MAP 1.

Ces épisodes ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer à quelle fréquence les MAP sont utilisées sur une année complète. Ils montrent toutefois que le recours aux MAP peut s’étendre sur plusieurs heures, se répéter sur plusieurs jours et, dans certains cas, se prolonger pendant plus d’une journée.

C’est précisément ce qui donne une importance particulière au constat formulé par Urgences-santé dans son propre plan de résilience : les MAP ont été conçues pour des situations exceptionnelles et ne sont pas adaptées à une utilisation continue ou répétée sur de courtes périodes.

Cette analyse s’inscrit dans un travail plus large mené par Urgences-santé sur les risques pouvant affecter la continuité de ses opérations. L’organisation a recensé 224 enjeux opérationnels et évalué les vulnérabilités susceptibles de menacer la continuité des services.

Le document identifie notamment la surcharge de travail, l’absentéisme et la fatigue généralisée parmi les risques liés aux ressources humaines. Il relève également l’allongement des délais parmi les risques opérationnels.

Dans son analyse, Urgences-santé indique que l’efficacité des AP peut diminuer lors de crises imprévues, prolongées ou qui se succèdent rapidement. Quant aux MAP, l’organisation précise qu’elles sont conçues pour des situations exceptionnelles et ne sont pas adaptées à une utilisation continue ou répétée sur de courtes périodes.


Urgences-santé’s own warning: the exception cannot become routine

La Dernière Ambulance - LDA

Urgences-santé acknowledges in its own resilience plan that the measures used to manage periods of significant imbalance between supply and demand in prehospital emergency services have their limits — particularly when they must be used frequently or for prolonged periods.

In its Plan de résilience face aux changements climatiques — Services préhospitaliers d’urgence, published in 2026, the organization describes two mechanisms in particular: actions prévisionnelles (AP), or anticipatory actions, and mesures d’action de protection (MAP), or protective action measures.

AP measures allow the organization to prepare when an increase in demand can be anticipated, including by adjusting staffing and equipment.

But Urgences-santé notes that their effectiveness can diminish when crises are unexpected, prolonged or occur in rapid succession, placing considerable strain on resources and personnel.

MAP measures are implemented when there is an imbalance between supply and demand. They are used to recalibrate the prehospital response in order to prioritize the most critical needs.

On the repeated use of MAP measures, Urgences-santé's assessment is particularly direct.

The organization says frequent reliance on MAP measures becomes problematic because they are demanding on personnel and place considerable pressure on those involved.

It specifies that MAP measures are “designed for exceptional situations” and are not suited to continuous use or repeated use over short periods.

That statement warrants consideration in the context of the operational conditions documented by La Dernière Ambulance.

For several years, LDA has regularly reported periods during which Urgences-santé has operated under different MAP levels in Montreal and Laval.

The phenomenon has not been limited to a handful of isolated episodes.

On June 29, for example, LDA reported that Urgences-santé was operating at MAP 2 while the day shift was short 20 paramedics — the equivalent of 10 ambulances.

The following day, June 30, the organization moved to MAP 3. At 11:15 a.m., 19 Priority 3 calls were still awaiting assignment, with the oldest having waited 1 hour and 48 minutes.

Several days later, overnight from July 2 to July 3, MAP 3 continued for more than 12 hours before Urgences-santé returned to MAP 1 at 5:38 a.m.

More recently, at 10:12 p.m. on September 5, Urgences-santé had been operating at MAP 1 for more than 28 consecutive hours. The organization had initially reached MAP 2 the previous day before returning to MAP 1.

Those episodes alone do not establish how frequently MAP measures are used over the course of an entire year. They do, however, demonstrate that MAP activation can last for hours, recur over several days and, in some cases, continue for more than a day.

That is what gives particular significance to Urgences-santé's own assessment in its resilience plan: MAP measures were designed for exceptional situations and are not suited to continuous use or repeated use over short periods.

This analysis is part of a broader review by Urgences-santé of risks that could affect the continuity of its operations. The organization identified 224 operational issues and assessed vulnerabilities that could threaten continuity of service.

The document identifies workload overload, absenteeism and widespread fatigue among the human-resources risks. It also identifies increasing delays among the operational risks.

In its analysis, Urgences-santé states that the effectiveness of AP measures can diminish during unexpected or prolonged crises, or when crises occur in rapid succession. As for MAP measures, the organization specifies that they are designed for exceptional situations and are not suited to continuous use or repeated use over short periods.

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