Opinion : Les deux « M » : Montréal peut-elle s'inspirer de Mesa?

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Opinion : Les deux « M » : Montréal peut-elle s'inspirer de Mesa?

À première vue, Montréal et Mesa ont très peu en commun.Pourtant, les deux villes occupent des territoires comparables. Mesa, en Arizona, couvre environ 359 km² (138,7 milles carrés), alors que l'île de Montréal s'étend sur près de 499 km².

La différence n'est donc pas tant géographique que démographique. Avec un peu plus de 515 000 habitants, Mesa dessert environ le quart de la population de l'île de Montréal.

Alors pourquoi comparer les deux?

Parce que les meilleures idées ne viennent pas toujours de villes qui nous ressemblent.

Elles viennent parfois de villes qui ont choisi d'organiser leurs services autrement.

Chaque fois que revient la question d'une potentiel intégration d'Urgences-santé au Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), le débat semble rapidement se limiter à deux possibilités.

Soit on maintient le modèle actuel.

Soit on adopte le modèle nord-américain traditionnel où les pompiers deviennent aussi paramédics et assurent également les soins hors hospitaliers (d'urgence).

Mais s'il existait une troisième voie?

Mesa offre une piste de réflexion intéressante.

Dans cette ville, chaque autopompe et chaque échelle est dotée d'un capitaine, d'un ingénieur et de deux pompiers. Deux membres de chaque équipage sont des pompiers-paramédics offrant des soins avancés (ALS), tandis que les deux autres sont des pompiers-EMT offrant des soins de base (BLS).

Les soins médicaux avancés débutent dès l'arrivée de la première équipe incendie.

Mais les véhicules incendie ne transportent pas les patients.

Lorsque l'ambulance arrive sur les lieux, la responsabilité clinique du patient est transférée à un équipage composé de paramédics et de techniciens ambulanciers civils, eux aussi employés du Mesa Fire and Medical Department.

Ces professionnels poursuivent l'évaluation, les traitements, la surveillance clinique et le transport vers l'hôpital. Pendant ce temps, l'équipe incendie redevient immédiatement disponible pour répondre au prochain appel.

Ce modèle soulève une question intéressante. Pourrait-on imaginer quelque chose de semblable à Montréal?

Non pas en copiant Mesa. Mais en s'en inspirant.

Imaginons, pour un instant, qu'Urgences-santé devienne une division des services préhospitaliers d'urgence au sein d'un grand service municipal des interventions d'urgence.

Les pompiers demeureraient responsables de la lutte contre les incendies, du sauvetage et de la première réponse médicale.

Les paramédics demeureraient responsables des soins préhospitaliers d'urgence, de l'évaluation clinique, des traitements, du transport lorsque requis, ainsi que des programmes de paramédecine communautaire, de prévention et des autres services cliniques de proximité appelés à prendre une place grandissante au sein des systèmes de santé.

Aucune profession ne disparaîtrait. Aucune ne perdrait son identité.

Mais tout ce qui entoure les opérations de première ligne pourrait être repensé.

Les ambulances pourraient-elles être déployées à partir des casernes?

Les deux organisations pourraient-elles partager les mêmes installations?

Les centres de communications et les réseaux radio pourraient-ils être intégrés?

La gestion des véhicules pourrait-elle relever d'une seule organisation?

Pourrait-on regrouper les achats, la logistique, l'approvisionnement, l'entretien mécanique, les technologies de l'information et les entrepôts municipaux?

Les installations de formation pourraient-elles être mises en commun?

Une telle organisation permettrait-elle d'éliminer des structures administratives parallèles tout en conservant l'expertise propre à chacune des professions?

Montréal bénéficierait-elle d'un plus grand contrôle local sur l'organisation de ses services d'urgence?

Les élus municipaux auraient-ils davantage d'influence sur les décisions qui touchent directement les citoyens montréalais?

Les citoyens profiteraient-ils d'une seule organisation municipale regroupant les services incendie et les services préhospitaliers plutôt que de deux organismes publics distincts?

Il ne s'agit pas d'affirmations. Il s'agit de questions. Et elles méritent d'être posées.

Bien sûr, le contexte québécois est très différent de celui de l'Arizona. Les réalités législatives, syndicales, financières et opérationnelles ne sont pas les mêmes.

Personne ne suggère de transposer le modèle de Mesa tel quel à Montréal. Mesa n'est pas Montréal. Mais c'est peut-être justement pour cette raison que son expérience mérite d'être examinée.

Sa plus grande leçon ne réside peut-être pas dans le fait qu'elle emploie des pompiers-paramédics et des paramédics civils. Elle réside dans sa façon d'organiser l'ensemble de la réponse d'urgence.

Mesa démontre qu'il est possible de regrouper, au sein d'un même service municipal, la lutte contre les incendies, la première réponse médicale, les soins préhospitaliers d'urgence et le transport ambulancier, tout en préservant des rôles professionnels distincts et complémentaires.

Un tel modèle aurait-il sa place à Montréal?

Et où une organisation municipale intégrée permettrait peut-être de réduire les dédoublements administratifs, de réaliser des économies d'échelle, de renforcer l'imputabilité locale et de préserver l'expertise propre à chacune de ces professions.

La réponse est peut-être non.

Mais après avoir regardé ce qui se fait à Mesa, il devient beaucoup plus difficile d'affirmer que la question ne mérite même pas d'être posée.


Et vous, qu'en pensez-vous?

Croyez-vous qu'un tel modèle pourrait un jour être envisagé à Montréal? Voyez-vous des avantages? Des risques? Des obstacles insurmontables?

Que vous soyez paramédic, pompier, gestionnaire, élu municipal ou simplement citoyen intéressé par l'organisation des services d'urgence, nous vous invitons à partager votre point de vue dans les commentaires.

Le débat est ouvert.

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