Rapport du coroner : une étude citée indique que sept paramédics québécois sur dix souffriraient de problèmes de santé mentale

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Rapport du coroner : une étude citée indique que sept paramédics québécois sur dix souffriraient de problèmes de santé mentale

Note de la rédaction: Le rapport de la coroner porte sur le suicide d'un ancien paramédic. Toutefois, au-delà des circonstances ayant mené à cette enquête, il s'intéresse à une question plus large : les blessures psychologiques chez les paramédics et les mécanismes de soutien qui leur sont offerts, notamment lorsqu'ils quittent la profession. C'est dans cet esprit que La Dernière Ambulance présente ce reportage, centré sur les constats et les recommandations formulés par la coroner.

La Dernière Ambulance - LDA

À la suite de son enquête sur le décès par suicide d'un ancien paramédic, la Dre Mylène Servant recommande à Santé Québec et au ministère de la Santé de renforcer le repérage, le suivi et les services de soutien en santé mentale destinés aux intervenants du secteur préhospitalier.


Le Bureau du coroner du Québec recommande des changements aux mécanismes de soutien psychologique destinés aux intervenants du secteur préhospitalier à la suite de l'enquête menée sur le décès par suicide d'un ancien paramédic.

Dans son rapport d'investigation, signé le 14 juillet 2026, la coroner Dre Mylène Servant consacre une partie importante de son analyse à l'état de la santé mentale chez les paramédics ainsi qu'aux ressources actuellement offertes pour les soutenir.

S'appuyant sur une étude québécoise récente, le rapport indique que sept paramédics sur dix souffriraient de problèmes de santé mentale à divers degrés. Il cite également les résultats d'un sondage réalisé auprès de 2 396 paramédics, selon lequel 34 % des répondants ont affirmé avoir déjà eu des idées suicidaires. Le rapport ajoute que, selon les études canadiennes citées par la coroner, les paramédics seraient de quatre à dix fois plus à risque que le reste de la population de passer à l'acte.

La coroner rappelle que les paramédics sont fréquemment exposés à des événements à potentiel traumatique et que cette exposition peut contribuer ou exacerber le développement d'un trouble de stress post-traumatique, de la dépression, de l'anxiété ou de problèmes de consommation. Le rapport précise que ces enjeux sont fortement associés aux comportements suicidaires.


Le contexte de l'enquête

Le rapport porte sur le décès d'un homme de 40 ans, ancien paramédic devenu transporteur médical après avoir quitté la profession en juin 2025. Selon le rapport, il présentait depuis septembre 2025 une tristesse persistante liée notamment à des problèmes personnels, à la solitude et à l'isolement social. La coroner écrit que les écrits suicidaires laissés par l'ancien paramédic faisaient état du fait qu'il se disait « brisé » par ses années de profession comme paramédic.

Plus loin dans son analyse, la Dre Servant écrit que « la détresse chronique en lien avec sa situation d'ancien paramédic décrite dans ses écrits suicidaires est un point majeur de ma réflexion à propos du décès ». Elle ajoute que, selon les informations recueillies auprès d'experts du milieu, la réorientation professionnelle des paramédics pour des raisons physiques ou psychologiques est souvent accompagnée d'un sentiment d'échec, d'une perte du soutien social propre à la profession et d'une perte de repères identitaires.

Le rapport souligne également que, selon des témoignages recensés dans la littérature scientifique, plusieurs anciens paramédics passent à l'acte après avoir quitté la profession. Il note que certaines organisations permettent aux employés ayant quitté leur emploi de conserver temporairement l'accès à des services d'aide afin d'assurer un filet de sécurité et une continuité des soins.


Les ressources en santé mentale

Dans son examen des services existants, la coroner observe qu'Urgences-Santé dispose d'une psychologue ainsi que d'une conseillère en santé psychologique et qu'un programme de prévention de la santé psychologique au travail est en place depuis 2017. Ce programme prévoit notamment le signalement des événements à potentiel traumatique, la présentation des ressources disponibles dès l'embauche et l'accès, au besoin, à des thérapeutes externes.

Le rapport souligne toutefois que les ressources spécialisées demeurent limitées et que les intervenants psychosociaux ne sont pas toujours formés pour accueillir les réalités particulières des événements traumatiques vécus par les paramédics. Il mentionne également la fin du financement québécois du programme PSPNET et invite le ministère concerné à veiller à ce que les personnes qui auraient pu bénéficier de ce service ne se retrouvent pas sans soutien pendant la mise en place d'un programme de remplacement.


Trois recommandations

Au terme de son investigation, la coroner formule trois recommandations.

Elle recommande d'abord que Santé Québec accompagne les organisations concernées du réseau préhospitalier dans l'évaluation des mécanismes provinciaux visant le repérage, l'accompagnement et le suivi des intervenants présentant des symptômes compatibles avec un trouble de stress post-traumatique ou d'autres blessures psychologiques liées au travail, particulièrement lors d'un retrait ou après une cessation d'emploi.

Elle recommande ensuite que le ministère de la Santé et des Services sociaux, en collaboration avec la CNESST, mette en place des mesures de prévention et de soutien psychosocial destinées aux intervenants du secteur préhospitalier qui quittent leur emploi pour des raisons physiques, psychologiques ou après une exposition répétée à des événements à potentiel traumatique.

Enfin, elle recommande que le ministère de la Santé et des Services sociaux veille à la mise en place d'un programme de soutien en santé mentale appelé à remplacer PSPNET et accessible aux acteurs du système préhospitalier d'urgence exposés, dans le cadre de leur travail, à des événements à potentiel traumatique.


Par ces recommandations, la coroner élargit son analyse au-delà du cas ayant fait l'objet de son enquête. Son rapport s'intéresse plus largement aux mécanismes de repérage, d'accompagnement et de soutien en santé mentale offerts aux paramédics, particulièrement lors d'un retrait du travail ou après une cessation d'emploi, dans le but déclaré de contribuer à une meilleure protection de la vie humaine.


Si vous avez besoin d'aide

La lecture de cet article peut faire écho à des expériences personnelles difficiles.

Si vous êtes paramédic, ancien paramédic, répartiteur médical d'urgence ou intervenant du milieu des soins hors hospitaliers d'urgence et que vous vivez une détresse psychologique, sachez que vous n'êtes pas seul.

La Maison La Vigile offre une ligne d'écoute confidentielle accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 aux intervenants des services d'urgence.

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