Futurs paramédics : comment maintenir les compétences des étudiants pendant l’attente?

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Futurs paramédics : comment maintenir les compétences des étudiants pendant l’attente?

Future paramedics: How can students maintain their skills while they wait?

La Dernière Ambulance / The Last Ambulance

English version follows.

Au Québec, l’attente imposée à la relève paramédicale soulève une question qui dépasse les dates de diplomation et les besoins de main-d’œuvre : que devient la préparation clinique lorsque le parcours vers la pratique est interrompu pendant plusieurs mois?

Le 14 octobre, Le Journal de Québec rapportait que, selon la Fédération des cégeps, 217 finissants étaient bloqués à la dernière étape de leur formation et que plus de 600 autres étudiants voyaient leur parcours ralenti. Certains attendaient leur stage final depuis près d’un an, dans le contexte du conflit de travail et des moyens de pression touchant l’encadrement des stagiaires.

Une revue de portée publiée le 22 octobre dans l’International Journal of Paramedicine offre un cadre pertinent pour examiner cet enjeu.

David Page et Brett Williams ont analysé 22 publications portant sur les compétences attendues à l’entrée dans la pratique paramédicale. Ils ont dégagé trois domaines : les attributs non techniques et le professionnalisme, le champ de pratique et l’évaluation de la compétence.

Leur discussion souligne notamment l’importance d’observations répétées dans différents contextes pour évaluer la préparation à la pratique. En s’appuyant sur des travaux antérieurs, ils rappellent également que la compétence nécessite un maintien continu.

Leur revue ne mesure toutefois pas les conséquences d’une attente prolongée. Les études consacrées au maintien ou à l’érosion des compétences étaient exclues, sauf lorsqu’elles définissaient aussi les attentes à l’entrée dans la pratique.

Elle ne permet donc pas de conclure que les personnes en attente au Québec ont perdu des compétences ou présentent un risque accru pour les patients.

Le rapprochement avec la situation québécoise est celui de LDA : pendant cette interruption, comment les compétences des étudiants sont-elles maintenues et comment la reprise de l’apprentissage clinique est-elle préparée?

Les étudiants ont-ils accès aux laboratoires, à la simulation et à une rétroaction pédagogique? Comment pourront-ils poursuivre le développement de leur jugement clinique auprès de patients, sous supervision? Leur retour en stage tiendra-t-il compte de la durée de l’interruption et des occasions de pratique qu’ils auront eues entre-temps?

La revue ne répond pas à ces questions. Elles méritent néanmoins d’être posées au MSSS, à Santé Québec, aux établissements d’enseignement et aux employeurs.

Il faut pouvoir expliquer quel accompagnement est offert pendant l’attente, ce qui est prévu à la reprise et qui en assume la responsabilité.

Maintenir les compétences des étudiants et soutenir leur retour à l’apprentissage clinique doivent faire partie de la réponse du système.


Future paramedics: How can students maintain their skills while they wait?

In Québec, the delay facing future paramedics raises a question that extends beyond graduation dates and workforce needs: what happens to clinical readiness when the path into practice is interrupted for several months?

On October 14, Le Journal de Québec reported that, according to the Fédération des cégeps, 217 graduating students were unable to complete the final stage of their training, while more than 600 other students were experiencing delays in their programs. Some had been waiting nearly a year for their final placement amid a labour dispute and pressure tactics affecting student supervision.

A scoping review published on October 22 in the International Journal of Paramedicine provides a useful framework for examining this issue.

David Page and Brett Williams analyzed 22 publications addressing the competence expected of paramedics entering practice. They identified three domains: non-technical attributes and professionalism, scope of practice, and competence assessment.

Their discussion highlights the importance of repeated observations across different settings when assessing readiness for practice. Drawing on earlier research, they also emphasize that competence requires ongoing maintenance.

Their review does not, however, measure the consequences of a prolonged wait. Studies focused on skill retention or decay were excluded unless they also defined entry-to-practice expectations.

It therefore does not establish that students waiting in Québec have lost skills or pose an increased risk to patients.

The connection to Québec’s situation is LDA’s: during this interruption, how are students’ skills being maintained, and how is their return to clinical learning being prepared?

Do students have access to laboratories, simulation and feedback from instructors? How will they continue developing clinical judgment through supervised patient care? Will their return to placement account for the length of the interruption and the opportunities they have had to practise in the meantime?

The review does not answer these questions. They nevertheless deserve to be put to Québec’s health ministry, Santé Québec, educational institutions and employers.

Those responsible need to explain what support is available during the wait, what is planned for the return to clinical learning, and who is accountable for providing it.

Maintaining students’ skills and supporting their return to clinical learning must be part of the system’s response.


Note

  • Page, D. & Williams, B. (2026). “Defining Entry-to-Practice Competence in Paramedicine: A Scoping Review.” International Journal of Paramedicine, 16, 224–243.

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