Suicide d’un ancien paramédic -- la continuité du soutien reste à démontrer

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Suicide d’un ancien paramédic -- la continuité du soutien reste à démontrer

Deux des trois recommandations de la coroner ne recevront pas de suite intégrale. Le MSSS renvoie aux entreprises ambulancières privées la responsabilité du soutien après un départ du métier et ne confirme pas la création d’un programme alternatif à PSPNET.

À la suite du suicide d’un ancien paramédic à Montréal, la coroner Mylène Servant a formulé trois recommandations pour renforcer le soutien en santé mentale des intervenants du préhospitalier, particulièrement pendant un retrait du travail ou après la fin d’un emploi.

Les réponses publiées au répertoire du Bureau du coroner révèlent les limites des suites annoncées : une recommandation est déclarée inapplicable et une autre ne sera appliquée qu’en partie. Seule celle adressée à Santé Québec porte le statut d’application intégrale, présente ou future.

La continuité du soutien demandée par la coroner reste donc à démontrer.

Un enjeu qui dépasse la fin d’un emploi

L’homme est décédé le 18 décembre 2025. Le résumé du Bureau du coroner décrit un contexte de détresse et d’isolement liés à son passé de paramédic. Il souligne les enjeux de repérage, de suivi et d’accès aux ressources en santé mentale lors d’un retrait du travail ou après un emploi.

Les recommandations, datées du 7 juillet 2026, visent notamment ces périodes où le lien avec le milieu de travail est interrompu ou prend fin.

Elles demandent trois interventions distinctes : évaluer les mécanismes existants, assurer des mesures de prévention et de soutien après un départ et mettre en place une solution de rechange à PSPNET.

Après le départ : le MSSS renvoie la responsabilité aux entreprises privées

La deuxième recommandation demande au ministère de la Santé et des Services sociaux, en collaboration avec la CNESST, d’assurer la mise en place de mesures de prévention et de soutien psychosocial après un départ lié à des raisons physiques, psychologiques ou à l’exposition répétée à des événements potentiellement traumatiques au travail.

La réponse datée du 7 août est catégorique : la recommandation ne peut pas être appliquée.

La précision publiée indique :

« Ne relève pas de la compétence du destinataire, mais plutôt des entreprises ambulancières privées »

La coroner demandait une intervention du ministère avec la CNESST. La réponse attribue plutôt cette responsabilité aux entreprises ambulancières privées.

Elle ne précise toutefois pas comment le soutien sera assuré après la fin d’un emploi, qui vérifiera son accessibilité ou quel mécanisme permettra d’éviter une interruption de l’accompagnement.

Ce renvoi de responsabilité ne démontre donc pas que les mesures demandées existent ni qu’elles sont accessibles aux anciens intervenants.

Un programme alternatif à PSPNET sans confirmation

La troisième recommandation demande au MSSS de veiller à la mise en place d’un programme de soutien en santé mentale alternatif à PSPNET, accessible aux acteurs du préhospitalier exposés à des événements potentiellement traumatiques dans le cadre de leur travail.

Le statut publié indique une application partielle seulement.

Dans sa réponse du 7 août, le ministère précise que des mesures et différentes avenues sont évaluées. Il ajoute que ses responsabilités ne lui permettent pas, pour le moment, de confirmer la mise en place d’un programme alternatif.

Le programme demandé par la coroner n’est donc pas confirmé. La précision publiée ne décrit ni les services qui constitueraient cette application partielle ni un échéancier de déploiement.

Santé Québec : un engagement à évaluer les mécanismes

La première recommandation demande à Santé Québec d’accompagner les organisations concernées dans l’évaluation des mécanismes provinciaux de repérage, d’accompagnement et de suivi des intervenants présentant des symptômes compatibles avec un trouble de stress post-traumatique ou d’autres blessures psychologiques liées au travail.

Elle insiste sur les retraits du travail et les cessations d’emploi, afin de favoriser un accès continu aux ressources appropriées.

La réponse du 28 août indique que cette recommandation est ou sera appliquée intégralement.

Cet engagement porte sur l’accompagnement des organisations dans l’évaluation des mécanismes. Le statut ne permet pas d’établir que l’évaluation est terminée, que les lacunes ont été corrigées ou que des services supplémentaires sont accessibles.

Qui assure la continuité?

Les réponses publiées ne permettent pas de conclure qu’aucun soutien n’existe. Elles ne démontrent toutefois pas comment la continuité réclamée par la coroner sera assurée.

Quels services demeurent accessibles après un départ? Qui prend le relais lorsque le lien avec l’employeur est rompu? Quelles mesures correspondent à l’application partielle annoncée par le MSSS? Quand les résultats de l’évaluation menée avec Santé Québec seront-ils connus?

Dans ce dossier, deux des trois recommandations ne recevront pas de suite intégrale. Et les réponses consignées ne permettent toujours pas d’établir comment une personne ayant quitté le préhospitalier sera repérée, accompagnée et suivie lorsqu’elle présente des blessures psychologiques liées à son travail.


English

Former paramedic’s suicide: continuity of support has yet to be demonstrated

Two of the coroner’s three recommendations will not be fully implemented. Quebec’s health ministry assigns responsibility for support after leaving the profession to private ambulance companies and has not confirmed an alternative to PSPNET.

Following the suicide of a former paramedic in Montréal, coroner Mylène Servant issued three recommendations to strengthen mental health support for prehospital personnel, particularly during an absence from work or after employment ends.

The responses published in the coroner’s recommendations directory reveal the limits of the announced follow-up: one recommendation is classified as unable to be implemented, while another will be implemented only in part. Only the recommendation addressed to Santé Québec carries a status indicating full implementation, either completed or forthcoming.

The continuity of support sought by the coroner has yet to be demonstrated.

Support beyond employment

The man died on December 18, 2025. The coroner’s published summary describes distress and isolation connected to his past as a paramedic. It identifies concerns about recognizing distress, follow-up and access to mental health resources during an absence from work or after employment ends.

The recommendations, dated July 7, 2026, call for three distinct interventions: evaluating existing mechanisms, ensuring prevention and psychosocial support after departure, and establishing an alternative to PSPNET.

Responsibility assigned to private ambulance companies

The second recommendation calls on the Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), working with the CNESST, to ensure prevention and psychosocial support measures for prehospital personnel who leave for physical or psychological reasons, or following repeated exposure to potentially traumatic events at work.

The response dated August 7 states that the recommendation cannot be implemented.

Its explanation assigns responsibility to private ambulance companies, saying the recommendation falls outside the recipient’s jurisdiction.

The coroner sought action by the ministry in collaboration with the CNESST. The response instead places responsibility with private employers.

It does not explain how support will be maintained after employment ends, who will verify access or what mechanism will prevent an interruption in care.

Assigning responsibility does not establish that the requested measures exist or remain accessible to former personnel.

No confirmed alternative to PSPNET

The third recommendation calls on the MSSS to ensure an alternative mental health support program to PSPNET for prehospital personnel exposed to potentially traumatic events through their work.

The published status indicates partial implementation only.

In its August 7 response, the ministry says measures and possible approaches are being evaluated. It adds that its responsibilities do not currently allow it to confirm the establishment of an alternative program.

The program requested by the coroner is therefore unconfirmed. The published explanation provides neither a description of the services constituting partial implementation nor a timetable.

Santé Québec commits to evaluating existing mechanisms

The first recommendation asks Santé Québec to help relevant organizations evaluate provincial mechanisms for identifying, supporting and following personnel with symptoms consistent with post-traumatic stress disorder or other work-related psychological injuries.

It specifically emphasizes absences from work and termination of employment, with the aim of maintaining access to appropriate resources.

The August 28 response indicates that this recommendation has been or will be fully implemented.

That commitment concerns helping organizations evaluate existing mechanisms. The status does not establish that the evaluation is complete, that gaps have been corrected or that additional services are available.

Who ensures continuity?

The published responses do not establish that no support exists. They also do not demonstrate how the continuity sought by the coroner will be secured.

Which services remain available after someone leaves? Who takes over when the employment relationship ends? What measures constitute the ministry’s partial implementation? When will the findings of the evaluation involving Santé Québec become available?

Two of the three recommendations will not be fully implemented. The recorded responses still do not establish how former prehospital personnel with work-related psychological injuries will be identified, supported and followed after leaving.

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