Opinion : 1155 jours plus tard
La Dernière Ambulance | LDA
Vendredi, l’Assemblée nationale ajournera ses travaux pour l’été.
À moins d’un revirement de dernière minute, les paramédics du Québec franchiront ce cap avec une convention collective échue depuis 1155 jours.
Une entente avant l’ajournement était possible.
Elle aurait permis d’envoyer un signal clair à une profession qui peine à recruter, à retenir ses membres et à convaincre une nouvelle génération d’y faire carrière.
Elle aurait permis de démontrer qu’au-delà des discours sur la modernisation du réseau, le gouvernement était prêt à investir dans ceux qui répondent aux appels lorsque les citoyens composent le 9-1-1.
Ce ne sera vraisemblablement pas le cas.
Les élus partiront pour l’été.
Les paramédics, eux, continueront de répondre aux appels. Ils continueront d’attendre aux urgences. Ils continueront de composer avec les pénuries, les heures supplémentaires et un réseau sous pression.
Mais au-delà de la négociation, une autre question se dessine.
Depuis des années, on parle de l’évolution de la profession paramédicale. D’une plus grande intégration au réseau de la santé. De nouvelles responsabilités. De nouvelles façons de soigner.
Pourtant, à certains moments, on a l’impression que l’ambition a changé.
Comme si l’objectif n’était plus de déterminer ce que les paramédics peuvent faire de plus pour les Québécois.
Mais plutôt comment les remettre en disponibilité le plus rapidement possible.
C’est peut-être là que se trouve le véritable enjeu.
Dans quelques mois, les négociations seront peut-être encore d’actualité.
La question, elle, demeurera la même.
Le Québec cherche-t-il à bâtir la profession paramédicale de demain?
Ou a-t-il déjà commencé à y renoncer?