À Londres, les paramédics consultent le dossier du patient — au Québec, ils attendent toujours

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À Londres, les paramédics consultent le dossier du patient — au Québec, ils attendent toujours

(English version follows the French version).

Londres, Royaume-Uni — Les paramédics du London Ambulance Service peuvent consulter des renseignements médicaux importants sur leurs patients directement à partir de leurs tablettes, parfois avant même leur arrivée sur les lieux.

Le ministre britannique de la Santé James Frith a visité mercredi le quartier général du London Ambulance Service, à Waterloo, afin d'observer comment les équipes ambulancières utilisent les dossiers numériques dans leur pratique clinique.

À partir de leurs iPad, les cliniciens peuvent notamment consulter les antécédents médicaux, les médicaments et les plans de soins d'un patient. Selon le service ambulancier londonien, cet accès permet aux équipes de prendre des décisions plus éclairées lorsqu'elles interviennent auprès d'un patient dont elles connaissent peu ou pas l'histoire médicale.

Le système repose notamment sur le London Care Record, qui permet le partage sécurisé de renseignements entre les différents fournisseurs de soins du National Health Service (NHS) à Londres.

La visite ministérielle survient alors que le gouvernement britannique travaille au développement d'un Single Patient Record, qui vise à rendre les renseignements pertinents sur un patient accessibles aux cliniciens à travers les différents services du NHS.

« Lorsqu'une personne appelle une ambulance, chaque minute compte », a déclaré James Frith, secrétaire d'État parlementaire au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le ministre a souligné que l'accès aux antécédents médicaux, aux médicaments et aux plans de soins urgents peut faire une différence lorsque le temps est compté.

Une information qui change la décision clinique

Le London Ambulance Service a donné l'exemple récent d'un patient présentant ce qui semblait initialement être une infection respiratoire relativement courante.

La consultation de son plan de soins numérique a toutefois révélé des antécédents de complications dangereuses ayant déjà nécessité des soins intensifs.

L'équipe ambulancière a donc décidé de transporter le patient à l'hôpital afin qu'il puisse recevoir rapidement un traitement plutôt que de le laisser à domicile.

« Les dossiers numériques partagés des patients changent la donne », a expliqué Matt Morgan, gestionnaire du soutien aux casernes du London Ambulance Service.

Selon le service, l'accès rapide aux dossiers permet notamment aux cliniciens de vérifier les traitements, les médicaments et les conditions médicales préexistantes pendant qu'ils se trouvent auprès du patient.

La gestionnaire clinique Jenny Richardson souligne pour sa part l'importance de pouvoir obtenir ces renseignements directement au chevet du patient.

Le London Ambulance Service poursuit parallèlement plusieurs autres projets numériques. L'application My Clinical Feedback permet aux équipes ambulancières de connaître l'évolution clinique de patients après leur transfert à l'hôpital, tandis que des outils utilisant l'intelligence artificielle ont également été expérimentés afin de générer des notes cliniques pendant certains appels et de réduire les tâches administratives.

Pendant ce temps, au Québec

La comparaison avec le Québec est frappante.

Le Dossier santé Québec (DSQ) est déjà accessible à une longue liste de professionnels et d'intervenants du réseau de la santé, dans différents lieux de pratique.

Selon la liste publiée par le gouvernement du Québec, les accès actuellement autorisés comprennent :

Médecin
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Laboratoire de santé publique du Québec
Centre de toxicologie du Québec
Centre de santé et de services sociaux autochtone
Centre d’hébergement autochtone en soins de longue durée
Centre d’hébergement autochtone en dépendance
Inspecteur, inspectrice, enquêteur, enquêtrice et syndic
Accès variés

Pharmacien, pharmacienne
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Pharmacie communautaire
Maison de soins palliatifs
Centre de santé et de services sociaux autochtone
Centre d’hébergement autochtone en soins de longue durée

Infirmier, infirmière
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Cabinet privé de professionnel ou professionnelle
Laboratoire de santé publique du Québec
Centre de toxicologie du Québec
Pharmacie communautaire
Transplant Québec
Résidences privées pour aînés
Maison de soins palliatifs
Centre de santé et de services sociaux autochtone
Centre d’hébergement autochtone en soins de longue durée
Centre d’hébergement autochtone en dépendance

Infirmier, infirmière auxiliaire et psychologue
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Cabinet privé de professionnel ou professionnelle
Résidences privées pour aînés
Maison de soins palliatifs
Centre de santé et de services sociaux autochtone
Centre d’hébergement autochtone en soins de longue durée
Centre d’hébergement autochtone en dépendance

Sage-femme et archiviste médical
Centre exploité par un établissement
Centre de santé et de services sociaux autochtone

Biochimiste et microbiologiste
Centre exploité par un établissement
Laboratoire de biologie médicale
Laboratoire de santé publique du Québec
Centre de toxicologie du Québec

Titulaire d’une carte de stage délivrée par le Collège des médecins
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Maison de soins palliatifs
Centre de santé et de services sociaux autochtone
Centre d’hébergement autochtone en soins de longue durée
Centre d’hébergement autochtone en dépendance

Titulaire d’une autorisation délivrée par le Collège des médecins du Québec et personne qui rend des services de soutien technique à un ou une médecin
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Centre de santé et de services sociaux autochtone

Résident et stagiaire en pharmacie et personne qui rend des services de soutien technique à un pharmacien ou une pharmacienne
Centre exploité par un établissement
Pharmacie communautaire

Dentiste, hygiéniste dentaire, optométriste, audiologiste et orthophoniste
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Cabinet privé de professionnel ou professionnelle
Centre de santé et de services sociaux autochtone

Diététiste, nutritionniste, physiothérapeute, technologue en physiothérapie et inhalothérapeute
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Cabinet privé de professionnel ou professionnelle
Centre de santé et de services sociaux autochtone
Centre d’hébergement autochtone en soins de longue durée

Ergothérapeute et travailleuse ou travailleur social
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Cabinet privé de professionnel ou professionnelle
Centre de santé et de services sociaux autochtone
Centre d’hébergement autochtone en soins de longue durée
Centre d’hébergement autochtone en dépendance

Résident et résidente en médecine dentaire, podiatre, chiropraticien et chiropraticienne
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Cabinet privé de professionnel ou professionnelle

Technologue en imagerie médicale, en radio-oncologie et en électrophysiologie médicale
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Laboratoire d’imagerie médicale générale
Laboratoire de radiologie diagnostique spécifique à la médecine

Technologue en laboratoire
Centre exploité par un établissement
Cabinet privé de médecin
Centre médical spécialisé
Laboratoire de biologie médicale

Et les paramédics?

Ils figurent eux aussi sur la page gouvernementale consacrée aux intervenants autorisés à consulter le DSQ.

Mais leur accès est toujours indiqué comme étant « à venir ».

Selon le gouvernement du Québec, l'accès prévu pour les techniciens ambulanciers comprendrait les domaines Médicaments et Laboratoire, ainsi que les ordonnances électroniques. Les lieux prévus comprennent Urgences-santé et les titulaires de permis d'exploitation de services ambulanciers.

Le gouvernement présente lui-même le DSQ comme un outil permettant aux professionnels autorisés d'accéder rapidement à certains renseignements de santé nécessaires à la prise en charge d'un patient.

À Londres, cette possibilité fait déjà partie des outils dont disposent les paramédics sur le terrain.

Cette semaine, le London Ambulance Service a même présenté un cas concret dans lequel les renseignements contenus dans le dossier numérique d'un patient ont modifié la décision clinique de l'équipe et conduit à son transport vers l'hôpital.

Au Québec, malgré la longue liste de professionnels et d'intervenants qui peuvent déjà consulter le Dossier santé Québec, l'accès des paramédics demeure, pour l'instant, « à venir ».


In London, paramedics access patient records — in Quebec, they’re still waiting

London, United Kingdom — Paramedics with the London Ambulance Service can access important medical information about their patients directly from their tablets, sometimes even before they arrive on scene.

British health minister James Frith visited London Ambulance Service headquarters in Waterloo on Wednesday to see how ambulance crews are using digital records in their clinical practice.

Using their iPads, clinicians can access information including a patient’s medical history, medications and care plans. According to the London Ambulance Service, that access allows crews to make better-informed decisions when treating patients whose medical history they know little or nothing about.

The system relies in part on the London Care Record, which enables the secure sharing of information among National Health Service (NHS) healthcare providers across London.

The ministerial visit comes as the British government works on developing a Single Patient Record intended to make relevant patient information accessible to clinicians across different NHS services.

“When someone calls an ambulance, every minute matters,” said James Frith, Parliamentary Under-Secretary of State at the Department of Health and Social Care.

Frith stressed that access to medical history, medications and urgent care plans can make a difference when time is critical.

Information that changes the clinical decision

The London Ambulance Service offered a recent example involving a patient whose condition initially appeared to be a relatively routine respiratory infection.

A review of the patient’s digital care plan, however, revealed a history of dangerous complications that had previously required intensive care.

The ambulance crew therefore decided to transport the patient to hospital for prompt treatment rather than leave the patient at home.

“Shared digital patient records are a game changer,” explained Matt Morgan, a station support manager with the London Ambulance Service.

According to the service, rapid access to patient records allows clinicians to check treatments, medications and pre-existing medical conditions while they are with the patient.

Clinical manager Jenny Richardson also emphasized the importance of being able to obtain that information directly at the patient’s bedside.

The London Ambulance Service is pursuing several other digital initiatives. Its My Clinical Feedback app allows ambulance crews to learn about the clinical outcomes of patients after they have been transferred to hospital, while artificial intelligence tools have also been tested to generate clinical notes during certain calls and reduce administrative work.

Meanwhile, in Quebec

The comparison with Quebec is striking.

The Dossier santé Québec (DSQ), the province’s electronic health record, is already accessible to a long list of healthcare professionals and other authorized users working in a variety of settings.

According to the list published by the Quebec government, those currently authorized include:

Physicians

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Laboratoire de santé publique du Québec
Centre de toxicologie du Québec
Indigenous health and social services centres
Indigenous long-term care facilities
Indigenous addiction treatment facilities
Inspectors, investigators and syndics
Various forms of access

Pharmacists

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Community pharmacies
Palliative care homes
Indigenous health and social services centres
Indigenous long-term care facilities

Nurses

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Private professional offices
Laboratoire de santé publique du Québec
Centre de toxicologie du Québec
Community pharmacies
Transplant Québec
Private seniors’ residences
Palliative care homes
Indigenous health and social services centres
Indigenous long-term care facilities
Indigenous addiction treatment facilities

Nurses, licensed practical nurses and psychologists

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Private professional offices
Private seniors’ residences
Palliative care homes
Indigenous health and social services centres
Indigenous long-term care facilities
Indigenous addiction treatment facilities

Midwives and medical archivists

Centres operated by a healthcare institution
Indigenous health and social services centres

Biochemists and microbiologists

Centres operated by a healthcare institution
Medical biology laboratories
Laboratoire de santé publique du Québec
Centre de toxicologie du Québec

Holders of a training card issued by the Collège des médecins

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Palliative care homes
Indigenous health and social services centres
Indigenous long-term care facilities
Indigenous addiction treatment facilities

Holders of an authorization issued by the Collège des médecins du Québec and people providing technical support services to a physician

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Indigenous health and social services centres

Pharmacy residents and interns, and people providing technical support services to pharmacists

Centres operated by a healthcare institution
Community pharmacies

Dentists, dental hygienists, optometrists, audiologists and speech-language pathologists

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Private professional offices
Indigenous health and social services centres

Dietitians, nutritionists, physiotherapists, physical rehabilitation therapists and respiratory therapists

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Private professional offices
Indigenous health and social services centres
Indigenous long-term care facilities

Occupational therapists and social workers

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Private professional offices
Indigenous health and social services centres
Indigenous long-term care facilities
Indigenous addiction treatment facilities

Dental residents, podiatrists and chiropractors

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Private professional offices

Medical imaging, radiation oncology and medical electrophysiology technologists

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
General medical imaging laboratories
Diagnostic radiology laboratories specific to medicine

Laboratory technologists

Centres operated by a healthcare institution
Private medical offices
Specialized medical centres
Medical biology laboratories

And paramedics?

They, too, appear on the Quebec government page listing professionals authorized to access the DSQ.

But their access is still listed as “coming soon.”

According to the Quebec government, the access planned for paramedics would include the Medications and Laboratory domains, as well as electronic prescriptions. The designated practice settings include Urgences-santé and licensed ambulance service operators.

The Quebec government itself describes the DSQ as a tool that allows authorized professionals to quickly access certain health information needed to care for a patient.

In London, that capability is already among the tools available to paramedics in the field.

This week, the London Ambulance Service even presented a concrete case in which information contained in a patient’s digital record changed the crew’s clinical decision and led to the patient being transported to hospital.

In Quebec, despite the long list of professionals and other healthcare workers who can already consult the Dossier santé Québec, access for paramedics remains, for now, “coming soon.”

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