Recherché : Du leadership sur le terrain
(English version follows the French version).
Qui représente Santé Québec sur le terrain lorsque les soins préhospitaliers dérapent?
Dans une grande partie du Québec, la réponse est troublante : personne.
Les CISSS et les CIUSSS administrent. Les centres de communication santé affectent les ressources. Les entreprises ambulancières gèrent leurs employés, leurs véhicules et leurs opérations.
Mais Santé Québec ne dispose pas d'un véritable réseau de superviseurs opérationnels SPU sur le terrain.
Il devrait en avoir un.
Administrer n'est pas superviser
Lorsqu'une ambulance devient indisponible, qu'une équipe se retire du service, qu'un secteur manque de ressources ou qu'une décision prise dans un territoire affecte la couverture du territoire voisin, qui se déplace au nom du réseau public?
Mais la question commence bien avant le bris de service.
Qui vérifie sur le terrain que les ambulances et leurs équipements sont conformes?
Qui s'assure que le matériel est fonctionnel et sécuritaire pour les patients et les paramédics?
Qui vérifie que les ressources prévues sont réellement disponibles?
Et lorsqu'un territoire fonctionne continuellement avec le strict minimum, qui demande pourquoi?
Une entreprise ambulancière peut superviser ses propres opérations. Elle ne peut pas, et ne devrait pas, remplacer Santé Québec dans la supervision du système auquel elle fournit des services.
Le fournisseur ne devrait pas être le seul à surveiller la qualité du service qu'il fournit.
Des paramédics. Pas une nouvelle bureaucratie.
La solution n'est pas une autre couche de gestion.
Santé Québec devrait déployer des superviseurs opérationnels régionaux des SPU.
Et ils devraient obligatoirement être des paramédics expérimentés.
Des gens capables d'arriver sur le terrain, de comprendre immédiatement les enjeux cliniques et opérationnels, d'inspecter une ambulance et ses équipements, de travailler directement avec les centres de communication santé et les entreprises, et d'évaluer les conséquences d'une perte de couverture sur l'ensemble d'un territoire.
Ils devraient avoir une véritable autorité opérationnelle.
Un véhicule. Une radio. Un territoire. Un mandat clair.
Et surtout, une présence.
Les données ne remplacent pas le leadership
On peut mesurer les temps de réponse. Compiler les heures de service. Produire des indicateurs. Alimenter des tableaux de bord.
Tout cela est nécessaire.
Mais lorsque le système dérape sur le terrain, un indicateur ne prend aucune décision.
Il est temps que les gestionnaires responsables des SPU prennent pleinement leurs responsabilités et exercent un véritable leadership opérationnel.
Pas seulement en surveillant passivement ce qui s'est passé.
En étant présents lorsque ça se passe.
Être responsable, c'est être présent
Québec peut choisir de confier l'exploitation des ambulances à différents fournisseurs.
Mais il ne peut pas sous-traiter sa propre responsabilité.
Si Santé Québec veut être responsable des soins préhospitaliers, quelqu'un doit pouvoir se présenter sur le terrain et dire :
Je suis paramédic. Je représente Santé Québec. Voyons ce qui se passe.
Les soins préhospitaliers ne se donnent pas dans un bureau.
Leur supervision ne devrait pas s'y arrêter non plus.
OPINION — Wanted: Leadership in the Field
Who represents Santé Québec in the field when prehospital care starts to break down?
Across much of Quebec, the answer is troubling: no one.
The CISSS and CIUSSS administer. Emergency medical communication centres assign resources. Ambulance companies manage their employees, vehicles and operations.
But Santé Québec does not have a true network of operational EMS supervisors in the field.
It should.
Administration is not supervision
When an ambulance becomes unavailable, a crew goes out of service, an area runs short of resources or a decision made in one territory affects coverage in the next, who shows up on behalf of the public system?
But the question begins long before a service failure.
Who goes into the field to make sure ambulances and their equipment meet standards?
Who makes sure that equipment is working and safe for patients and paramedics?
Who verifies that the resources that are supposed to be available actually are?
And when a territory continually operates with the bare minimum, who asks why?
An ambulance company can supervise its own operations. It cannot — and should not — replace Santé Québec in overseeing the system it is contracted to serve.
The provider should not be the only one monitoring the quality of the service it provides.
Paramedics. Not another bureaucracy.
The solution is not another layer of management.
Santé Québec should deploy regional operational EMS supervisors.
And they should be experienced paramedics.
People capable of arriving in the field, immediately understanding the clinical and operational issues, inspecting an ambulance and its equipment, working directly with emergency medical communication centres and ambulance companies, and assessing what the loss of coverage means for an entire territory.
They should have real operational authority.
A vehicle. A radio. A territory. A clear mandate.
And above all, a presence.
Data is no substitute for leadership
We can measure response times. Compile service hours. Produce indicators. Feed dashboards.
All of that is necessary.
But when the system starts to break down in the field, an indicator doesn't make a decision.
It is time for the managers responsible for EMS to fully assume their responsibilities and exercise real operational leadership.
Not simply by passively monitoring what happened.
By being there while it is happening.
Responsibility means being there
Quebec can choose to contract ambulance operations to different providers.
But it cannot outsource its own responsibility.
If Santé Québec is going to be responsible for prehospital care, someone needs to be able to show up in the field and say:
I’m a paramedic. I represent Santé Québec. Let’s see what’s going on.
Prehospital care does not happen in an office.
Its supervision shouldn’t stop there either.