DEA: brisez la vitre. Si vous pouvez.
(English version follows the French version).
Je joue régulièrement au pickleball.
L’été, dehors. Lorsque le froid arrive, à l’intérieur.
Et peu importe où je joue, je fais toujours la même chose.
Je repère le DEA.
C’est probablement l’ancien paramédic en moi. J’entre dans un aréna, un centre communautaire, un gymnase ou n’importe quel autre lieu public et, presque automatiquement, je remarque où se trouve le défibrillateur externe automatisé.
Je fais la même chose lorsque nous jouons dehors.
Pendant un certain temps, nous jouions dans un parc où une affiche indiquait la présence d’un DEA.
Excellente nouvelle.
Sauf que le DEA était à l’intérieur d’un pavillon.
Et le pavillon était souvent verrouillé.
Bon.
En théorie, il demeurait accessible. Il fallait simplement ajouter une petite étape au plan d’intervention : casser une fenêtre pour accéder à l’appareil destiné à sauver la vie de quelqu’un en arrêt cardiaque.
Nous jouons maintenant dans un autre parc, à côté d’une école.
Il y a là aussi une affiche indiquant la présence d’un DEA.
Et on peut même le voir.
Il est juste là, à l’intérieur de l’école.
Derrière des portes verrouillées.
Évidemment que les portes sont verrouillées. C’est une école. L’été, il n’y a souvent personne. La fin de semaine, il n’y a personne. Un soir de semaine, il peut très bien n’y avoir personne.
Mais le parc, lui, est plein de monde.
Aujourd’hui, un des joueurs avec qui je joue régulièrement a dû arrêter parce qu’il ne se sentait pas bien.
Il est allé s’asseoir dans les estrades.
J'ai regardé dans sa direction.
Son teint ne me plaisait pas. Il respirait fort. Il transpirait abondamment — comme nous tous, évidemment, parce que nous venions de jouer au pickleball.
Mais je n’aimais pas ce que je voyais.
Et mon cerveau d’ancien paramédic s’est mis au travail.
Le DEA?
Dans l’école.
L’école?
Verrouillée.
Les premiers répondants les plus proches?
Ils venaient de quitter leur caserne pour répondre à un incendie.
Les paramédics?
À ma connaissance, les ressources les plus proches étaient à au moins une dizaine de kilomètres, peu importe la direction.
Alors j’ai commencé à faire le calcul.
Combien de temps pour courir jusqu’à l’école?
Combien de temps pour casser la vitre en verre trempé de la porte d’entrée?
Combien de temps pour entrer?
Trouver le DEA.
Revenir en courant.
Parce que c’est le genre de scénario que certains anciens paramédics continuent de faire dans leur tête.
Heureusement, mon partenaire de jeu a repris des couleurs.
Il allait mieux.
Et j’ai pu arrêter de catastropher.
Enfin, presque.
L’affiche, elle, était toujours là..
DEA.
Elle annonce fièrement qu'un appareil capable de sauver une vie se trouve à quelques dizaines de mètres de nous.
Elle ne précise pas que, pendant une bonne partie des heures où des gens utilisent les installations sportives voisines, cet appareil se trouve derrière une porte verrouillée.
Et c'est là que nous devons avoir une conversation sérieuse sur ce que signifie réellement « installer un DEA ».
Parce qu’acheter un DEA et l’accrocher au mur ne suffit pas.
Installer une affiche ne suffit pas.
Inscrire son emplacement dans un registre ne suffit pas.
Faire une belle photo lors de son installation ne suffit pas.
Un DEA inaccessible n’est pas un DEA disponible.
Lors d’un arrêt cardiaque, nous ne disposons pas du luxe d’attendre qu’un concierge arrive avec une clé.
Nous ne pouvons pas appeler le centre de services scolaire pour demander poliment comment entrer dans le bâtiment.
Nous ne pouvons pas attendre lundi matin.
Et nous ne devrions certainement pas avoir à envisager de lancer une roche dans une porte vitrée pour accéder à l’appareil que quelqu’un a précisément installé à cet endroit afin de sauver une vie.
Le problème dépasse largement cette école.
On trouve des DEA dans des écoles, des arénas, des centres communautaires, des pavillons de parc, des édifices municipaux et toutes sortes d'autres installations publiques.
Très bien.
Maintenant, posons la seule question qui compte vraiment :
Est-ce que quelqu’un peut y accéder lorsqu'une personne s'effondre en arrêt cardiaque à l'extérieur de l'édifice?
Pas pendant les heures de bureau.
Pas lorsque le concierge est là.
Pas lorsque l’école est ouverte.
Pas lorsque quelqu’un possède la bonne clé.
Maintenant.
Parce que c’est à ça que sert un DEA.
Il existe des façons de rendre ces appareils accessibles à l’extérieur des bâtiments. Des boîtiers adaptés existent. Des systèmes d’alarme existent. Des solutions existent.
Ce qui manque parfois, manifestement, c’est la volonté de réfléchir à l’utilisation réelle de l’appareil plutôt qu’à sa simple présence.
Et si nous sommes assez sérieux pour installer des terrains de sport publics où des centaines de personnes viennent courir, jouer et faire de l’exercice, nous devrions être assez sérieux pour nous demander ce qui se passe lorsque l’une d’elles s’effondre.
Aujourd’hui, personne ne s’est effondré.
Personne n’a eu besoin du DEA.
Très bien.
Mais pendant quelques minutes, j’ai regardé un homme qui ne se sentait pas bien assis dans les estrades et j’ai dû me demander si, en cas d’arrêt cardiaque, j’allais devoir défoncer la porte d’une école pour accéder au défibrillateur.
C'est complètement absurde.
Alors, aux écoles, aux municipalités, aux centres de services scolaires, aux gestionnaires d’installations publiques et à tous ceux qui achètent ces appareils avec les meilleures intentions du monde :
Installez des DEA.
Installez-en davantage.
Annoncez leur présence.
Entretenez-les.
Mais surtout, rendez-les accessibles lorsque quelqu’un en a besoin.
Parce qu’un DEA derrière une porte verrouillée est peut-être excellent pour cocher une case dans un programme de sécurité.
Il est beaucoup moins utile pour quelqu’un en arrêt cardiaque dans le stationnement, sur le terrain de soccer ou sur le court de pickleball.
Si vous allez équiper un parc, une école ou une installation publique d’un DEA, rendez-le publiquement accessible, pour l’amour du ciel.
Et si cette formulation vous paraît trop brutale, imaginez devoir expliquer à une famille que le défibrillateur était à trente mètres de leur proche.
Mais que la porte était verrouillée.
For AED. Break the glass. If you can.
I play pickleball regularly.
Outdoors in the summer. Indoors when the cold weather arrives.
And no matter where I play, I always do the same thing.
I locate the AED.
It’s probably the former paramedic in me. I walk into an arena, community centre, gym or just about any other public place and, almost automatically, I notice where the automated external defibrillator is.
I do the same thing when we play outdoors.
For a while, we played in a park where a sign indicated that an AED was available.
Great news.
Except the AED was inside a pavilion.
And the pavilion was often locked.
Okay.
Technically, it was still accessible. You just had to add one small step to the emergency response plan: break a window to get to the device intended to save someone’s life during a cardiac arrest.
We now play in another park, next to a school.
There’s a sign there, too, indicating the presence of an AED.
You can even see it.
It’s right there, inside the school.
Behind locked doors.
Of course the doors are locked. It’s a school. In the summer, there’s often nobody there. On weekends, there’s nobody there. On a weekday evening, there may very well be nobody there.
But the park is full of people.
Today, one of the players I regularly play with had to stop because he wasn’t feeling well.
He went to sit in the bleachers.
I looked over at him.
I didn’t like his colour. He was breathing hard. He was sweating heavily — as we all were, obviously, because we had just been playing pickleball.
But I didn’t like what I was seeing.
And my former-paramedic brain went to work.
The AED?
Inside the school.
The school?
Locked.
The nearest first responders?
They had just left their station to respond to a fire.
The paramedics?
As far as I knew, the nearest resources were at least ten kilometres away, no matter which direction you looked.
So I started doing the math.
How long to run to the school?
How long to break the tempered glass in the front door?
How long to get inside?
Find the AED.
Run back.
Because that’s the kind of scenario some former paramedics still run through in their heads.
Fortunately, my playing partner’s colour came back.
He was feeling better.
And I could stop catastrophizing.
Well, almost.
The sign was still there.
AED.
Proudly announcing that a device capable of saving a life was just a few dozen metres away.
It doesn’t mention that, during many of the hours when people are using the nearby sports facilities, that device is behind a locked door.
And that’s where we need to have a serious conversation about what it actually means to “install an AED.”
Because buying an AED and hanging it on a wall isn’t enough.
Putting up a sign isn’t enough.
Listing its location in a registry isn’t enough.
Taking a nice photo when it’s installed isn’t enough.
An inaccessible AED is not an available AED.
During a cardiac arrest, we don’t have the luxury of waiting for a custodian to arrive with a key.
We can’t call the school service centre and politely ask how to get into the building.
We can’t wait until Monday morning.
And we certainly shouldn’t have to consider throwing a rock through a glass door to reach the device someone installed there specifically to save a life.
The problem extends far beyond this school.
AEDs can be found in schools, arenas, community centres, park pavilions, municipal buildings and all kinds of other public facilities.
Good.
Now ask the only question that really matters:
Can someone get to it when a person collapses in cardiac arrest outside the building?
Not during office hours.
Not when the custodian is there.
Not when the school is open.
Not when someone happens to have the right key.
Now.
Because that’s what an AED is for.
There are ways to make these devices accessible outside buildings. Appropriate cabinets exist. Alarm systems exist. Solutions exist.
What is sometimes clearly missing is the willingness to think about how the device will actually be used rather than simply whether it is there.
And if we’re serious enough to build public sports facilities where hundreds of people come to run, play and exercise, we should be serious enough to ask what happens when one of them collapses.
Today, nobody collapsed.
Nobody needed the AED.
Good.
But for a few minutes, I was looking at a man who wasn’t feeling well sitting in the bleachers, and I had to wonder whether, if he went into cardiac arrest, I was going to have to break down the door of a school to get to the defibrillator.
That is completely absurd.
So, to schools, municipalities, school service centres, managers of public facilities and everyone who buys these devices with the best intentions in the world:
Install AEDs.
Install more of them.
Make their presence known.
Maintain them.
But above all, make them accessible when someone needs one.
Because an AED behind a locked door may be excellent for checking a box on a safety program.
It’s considerably less useful to someone in cardiac arrest in the parking lot, on the soccer field or on the pickleball court.
If you’re going to equip a park, school or public facility with an AED, make it publicly accessible, for heaven’s sake.
And if that wording strikes you as too harsh, imagine having to explain to a family that the defibrillator was thirty metres from their loved one.
But the door was locked.