Londres : du harcèlement sexuel au bout du fil d’urgence
Elle répondait à un appel pour évaluer les besoins d’une personne. L’homme au bout du fil semblait se livrer à un acte sexuel pendant l’évaluation.
Maiara, conseillère à la ligne de santé 111 du London Ambulance Service, a signalé l’appel à sa superviseure. Elle a alors appris que le même homme avait fait subir la même chose à plusieurs collègues.
L’appel continuait de lui revenir en tête. Elle raconte avoir eu besoin d’une thérapie.
Son témoignage fait partie de ceux publiés le 22 octobre par le London Ambulance Service, qui a également diffusé des extraits anonymisés de véritables appels. L’objectif : exposer le harcèlement sexuel que subissent les personnes qui répondent aux lignes 999 et 111.
Le 999 est le numéro d’urgence. Le 111 permet d’obtenir une évaluation et une orientation lorsqu’on a besoin d’aide médicale sans être dans une situation mettant la vie en danger.
Des appels qui laissent des traces
Abigail Oluwasanya, conseillère au 111, tentait simplement de confirmer les renseignements d’un patient lorsqu’il a commencé à la harceler sexuellement. Son appel figure parmi les extraits rendus publics.
Dans un autre extrait, un homme poursuit son harcèlement malgré un avertissement verbal. Selon le service, la plupart des propos recueillis sont trop explicites pour être diffusés.
Minnie Aidoo, préposée aux appels d’urgence 999, décrit pour sa part un appelant récurrent qui faisait des bruits à caractère sexuel lorsqu’une femme répondait, mais raccrochait lorsqu’un homme prenait l’appel.
Au début, elle s’était demandé s’il souffrait. La suite de l’appel lui a fait comprendre ce qui se passait.
Près du tiers des signalements dans les centres d’appels
Au cours de l’année se terminant en juillet 2026, le personnel du London Ambulance Service a signalé 462 incidents à caractère sexuel. Ce total concerne l’ensemble du service : environ le tiers des incidents ont été signalés par le personnel des centres d’appels 999 et 111.
Le service estime que le nombre réel est probablement plus élevé, puisque de nombreux incidents ne sont pas signalés.
Son directeur général, Jason Killens, souligne que les effets de ces appels peuvent persister longtemps après qu’ils ont pris fin. Ils détournent aussi du temps qui devrait être consacré aux patients ayant besoin d’aide.
Repérer les récidivistes et préserver les preuves
L’unité de réduction de la violence du London Ambulance Service examine chaque incident signalé, cherche les comportements récurrents et repère les appelants récidivistes. Elle aide également le personnel à préserver les preuves et soutient les enquêtes policières.
Lorsqu’une infraction pourrait avoir été commise, le service collabore avec la police et les partenaires du système de justice pour que des mesures soient prises.
Le message de la direction : le harcèlement sexuel ne fait pas partie du travail des personnes qui répondent aux appels.
London: sexual harassment on the emergency line
She was answering a call to assess someone’s medical needs. The man on the line appeared to be performing a sexual act during the assessment.
Maiara, a health adviser on London Ambulance Service’s 111 line, reported the call to her supervisor. She then learned that the same man had done the same thing to several colleagues.
The call kept playing on her mind. She says she needed therapy.
Her account is among those published on October 22 by London Ambulance Service, alongside anonymized recordings of real calls. The aim is to expose the sexual harassment faced by staff answering its 999 and 111 lines.
999 is the emergency number. 111 provides assessment and guidance for people who need medical help when the situation is not life-threatening.
Calls that stay with staff
Abigail Oluwasanya, a 111 health adviser, was simply trying to confirm a patient’s details when he began sexually harassing her. Her call is among the recordings released.
In another extract, a man continues his harassment after receiving a verbal warning. The service says most of the abuse is too explicit to release publicly.
Minnie Aidoo, a 999 call handler, describes a frequent caller who made sexual noises when a woman answered but hung up when a man took the call.
At first, she wondered whether he was in pain. As the call continued, she realized what was happening.
Nearly a third of reports came from control rooms
In the year ending in July 2026, London Ambulance Service employees reported 462 incidents of sexual abuse. That figure covers the entire service: around a third of the incidents were reported by staff working in 999 and 111 control rooms.
The service believes the true number is likely higher because many incidents go unreported.
Chief executive Jason Killens says the effects of these calls can persist long after they end. They also take time away from patients who need help.
Identifying repeat callers and preserving evidence
London Ambulance Service’s Violence Reduction Unit examines every reported incident, looks for patterns and identifies repeat callers. It also helps staff preserve evidence and supports police investigations.
Where a crime may have been committed, the service works with police and criminal justice partners to pursue action.
The message from its leadership: sexual harassment is not part of the job for the people answering these calls.