Naloxone : Urgences-santé peuvent remettre des trousses de naloxone à certains patients victimes d’une intoxication aux opioïdes
(English version follows the French version)
Depuis le 3 août, les paramédics d’Urgences-santé peuvent remettre des trousses de naloxone à certains patients victimes d’une intoxication aux opioïdes, notamment après un refus de transport vers l’hôpital.
Les trousses ont été déployées dans toutes les ambulances d’Urgences-santé dans le cadre d’un programme de distribution préventive dont une première phase doit se poursuivre jusqu’en février 2027.
Urgences-santé a confirmé ces informations à La Dernière Ambulance à la suite de questions concernant son rôle dans l’initiative de distribution de naloxone à Montréal.
À la question de savoir si des trousses destinées à être remises aux patients, à leurs proches ou à d’autres personnes à risque étaient actuellement disponibles à bord de ses véhicules, Urgences-santé a répondu :
« Oui, disponible depuis le 3 août dans toutes les ambulances (tous les centres opérationnels) et s'applique à l'ensemble des paramédics. »
Selon Urgences-santé, les paramédics ont été informés du programme par deux briefings ainsi que par une note de service datée du 29 juillet.
« Dans 2 briefings adressés aux paramédics et une note de service adressée aux paramédics en date du 29 juillet. »
LDA a obtenu copie de cette note de service.
Le document, adressé aux paramédics en soins primaires et en soins avancés ainsi qu’à leurs gestionnaires, précise qu’Urgences-santé déploie le programme en collaboration avec Santé Québec, la pharmacie de l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal et la Direction régionale de santé publique de Montréal. Une première phase doit se poursuivre jusqu’en février 2027 afin d’en évaluer la portée et, au besoin, d’ajuster les modalités de mise en œuvre.
Une clientèle ciblée
Il ne s’agit pas d’une distribution générale de naloxone.
Selon la note de service, le programme vise principalement les patients ayant subi une intoxication aux opioïdes traitée en préhospitalier, qu’ils refusent le transport vers un centre hospitalier ou qu’ils y soient transportés, et qui n’ont pas déjà en leur possession de naloxone permettant de faire face à une éventuelle nouvelle intoxication.
Les ensembles distribués sont placés dans des sacs numérotés. Chacun comprend une boîte contenant deux dispositifs intranasaux de naloxone de 4 mg, une fiche de l’INESSS sur son administration ainsi qu’une fiche de prévention des surdoses produite par Urgences-santé et l’Hôpital du Sacré-Cœur.
Lorsqu’un paramédic remet un ensemble, il doit transmettre le numéro de lot à l’Unité de soutien clinique et répondre à un questionnaire permettant d’assurer la traçabilité de la naloxone distribuée et de compléter le registre des surdoses de la DRSP de Montréal.
Urgences-santé précise toutefois dans sa note que toute demande préventive de naloxone formulée directement par un citoyen doit être dirigée vers le réseau communautaire de distribution ou une pharmacie.
Quel rôle pour les premiers répondants?
La Dernière Ambulance a également demandé à Urgences-santé si les premiers répondants de son territoire avaient été intégrés au programme ou si l’organisation prévoyait de les intégrer à la distribution de trousses de naloxone dans la communauté. Dans la négative, LDA demandait également pourquoi.
Urgences-santé a répondu :
« L’implantation est réalisée auprès des équipes d’Urgences-santé afin d’évaluer la portée du projet auprès des clientèles vulnérables qui ne se prévalent pas des services communautaires et des pharmacies. L’ensemble des données pertinentes à l’évaluation de cette initiative seront collectées et analysées afin d’orienter les prochaines étapes. »
La réponse ne précise pas si les premiers répondants sont actuellement intégrés au programme ni s’ils pourraient l’être éventuellement.
La note de service du 29 juillet explique pourtant que le programme vise à offrir aux paramédics une mesure concrète lorsqu’ils sont confrontés à des situations à haut risque, notamment lors d’un refus de transport ou de soins.
Urgences-santé y précise également que le programme s’inscrit en complémentarité avec la mission des organismes communautaires et des pharmacies. Selon le document, l’accès immédiat à la naloxone pour les personnes les plus vulnérables doit permettre de renforcer le continuum de soins et les mesures de prévention des surdoses.
Dans ses questions, LDA avait expressément distingué la naloxone administrée par les paramédics ou les premiers répondants dans le cadre d’une intervention clinique des trousses destinées à être laissées ou distribuées dans la communauté.
Urgences-santé a ajouté :
« La note de service précise bien que l’objectif est de cibler une clientèle qui n’utilise pas les services communautaires ou les pharmacies. Notre rôle n’est pas de se substituer à la mission des autres organisations et organisme »
Un projet issu d’Urgences-santé
LDA a également demandé si les paramédics d’Urgences-santé étaient officiellement intégrés au projet de distribution de naloxone de la Direction régionale de santé publique de Montréal.
Urgences-santé a répondu :
« Actuellement, Urgences-santé a implanté avec la collaboration de Santé Québec et la pharmacie de l’hôpital du Sacré-Cœur la distribution de la naloxone. Les données sont collectées jusqu’en février afin d’analyser les retombés de cette implantation. »
Cette réponse ne précise pas si les paramédics sont officiellement intégrés au projet de la DRSP de Montréal.
La note de service obtenue par LDA identifie toutefois explicitement la Direction régionale de santé publique de Montréal comme l’un des collaborateurs au déploiement du programme.
Enfin, LDA a demandé quel avait été précisément le rôle d’Urgences-santé dans la conception, le déploiement et l’application de l’initiative, ainsi que qui avait déterminé le rôle confié aux paramédics et la façon dont les trousses seraient distribuées.
Urgences-santé a répondu :
« Le projet provient de la Direction des soins d'US et est soutenu par la DMN »
La première phase du programme doit se poursuivre jusqu’en février 2027. Son évaluation servira, selon la note de service, à mesurer sa portée et à déterminer si ses modalités de mise en œuvre doivent être ajustées.
Since August 3, Urgences-santé paramedics have been able to provide naloxone kits to certain patients who have experienced an opioid overdose, including after a patient refuses transport to hospital.
The kits have been deployed in every Urgences-santé ambulance as part of a preventive distribution program whose first phase is scheduled to continue until February 2027.
Urgences-santé confirmed the information to La Dernière Ambulance following questions about its role in the naloxone distribution initiative in Montreal.
Asked whether kits intended to be given to patients, their loved ones or other people at risk were currently available aboard its vehicles, Urgences-santé responded:
“Yes, available since August 3 in all ambulances (all operational centres) and applies to all paramedics.”
According to Urgences-santé, paramedics were informed about the program through two briefings and a service memo dated July 29.
“In 2 briefings sent to paramedics and a service memo sent to paramedics dated July 29.”
LDA obtained a copy of that service memo.
The document, addressed to primary care and advanced care paramedics as well as their managers, states that Urgences-santé is deploying the program in collaboration with Santé Québec, the pharmacy at Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal and Montreal’s regional public health department. An initial phase is scheduled to continue until February 2027 to assess the program’s reach and, if necessary, adjust how it is implemented.
A targeted population
This is not a general naloxone distribution program.
According to the service memo, the program is primarily intended for patients who have experienced an opioid overdose treated in the prehospital setting, whether they refuse transport to hospital or are transported, and who do not already have naloxone available in case of another overdose.
The kits are placed in numbered bags. Each contains a box with two 4 mg intranasal naloxone devices, an INESSS information sheet explaining how to administer the medication, and an overdose-prevention sheet produced by Urgences-santé and Hôpital du Sacré-Cœur.
When a paramedic provides a kit, they must submit the lot number to the Clinical Support Unit and complete a questionnaire used to ensure traceability of the naloxone distributed and to update Montreal public health’s overdose registry.
Urgences-santé specifies in its memo, however, that any request from a member of the public seeking naloxone as a preventive measure must be referred to the community distribution network or a pharmacy.
What role for first responders?
La Dernière Ambulance also asked Urgences-santé whether first responders within its territory had been included in the program or whether the organization planned to involve them in distributing naloxone kits in the community. If not, LDA also asked why.
Urgences-santé responded:
“The implementation is being carried out with Urgences-santé teams in order to assess the project’s reach among vulnerable populations who do not make use of community services and pharmacies. All data relevant to evaluating this initiative will be collected and analyzed to guide the next steps.”
The response does not specify whether first responders are currently included in the program or whether they could eventually be included.
Yet the July 29 service memo explains that the program is intended to give paramedics a concrete measure they can use when faced with high-risk situations, particularly when a patient refuses transport or care.
Urgences-santé also states that the program is intended to complement the mission of community organizations and pharmacies. According to the document, providing immediate access to naloxone for the most vulnerable people is intended to strengthen the continuum of care and overdose-prevention measures.
In its questions, LDA expressly distinguished between naloxone administered by paramedics or first responders as part of a clinical intervention and kits intended to be left with patients or distributed in the community.
Urgences-santé added:
“The service memo clearly specifies that the objective is to target a population that does not use community services or pharmacies. Our role is not to replace the mission of other organizations and agencies.”
A project originating within Urgences-santé
LDA also asked whether Urgences-santé paramedics had been formally integrated into the Montreal regional public health department’s naloxone distribution project.
Urgences-santé responded:
“Currently, Urgences-santé has implemented naloxone distribution in collaboration with Santé Québec and the pharmacy at Hôpital du Sacré-Cœur. Data are being collected until February in order to analyze the impact of this implementation.”
The response does not specify whether paramedics are formally integrated into the Montreal public health project.
The service memo obtained by LDA does, however, explicitly identify Montreal’s regional public health department as one of the collaborators in deploying the program.
Finally, LDA asked precisely what role Urgences-santé had played in the design, deployment and implementation of the initiative, as well as who determined the role assigned to paramedics and how the kits would be distributed.
Urgences-santé responded:
“The project originates from US’s Direction des soins and is supported by the DMN.”
The first phase of the program is scheduled to continue until February 2027. According to the service memo, the evaluation will be used to measure its reach and determine whether its implementation should be adjusted.