Pas d’urgence. Pas de transport. Pourquoi les paramédics?

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Pas d’urgence. Pas de transport. Pourquoi les paramédics?

(English version follows the French version).

Tout est parti d'une question relativement simple.

Le Québec devrait-il envisager de facturer certaines interventions de levée sans transport dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés (RPA)?

La question faisait suite à l'adoption, à Methuen, au Massachusetts, d'un règlement prévoyant des frais de 500 $ US pour certaines interventions de levée sans urgence médicale et sans transport dans des établissements de soins et des résidences pour aînés.

La publication de La Dernière Ambulance a rapidement suscité des dizaines de commentaires.

Paramédics, infirmières, préposés aux bénéficiaires, employés de résidences, proches aidants et citoyens ont participé à la discussion.

Et assez rapidement, le débat a dépassé la question des frais.

Des paramédics ont raconté être appelés dans des établissements uniquement pour relever une personne du sol. Des travailleurs ont expliqué que certaines politiques leur interdisaient de procéder eux-mêmes au relevage. D'autres lecteurs ont parlé de formation, de santé et sécurité au travail, de responsabilités professionnelles et d'équipements de relevage qui existent déjà dans certains établissements.

Une question beaucoup plus fondamentale s'est alors imposée : pourquoi mobiliser une équipe paramédicale pour une levée sans urgence médicale et sans transport lorsqu'une autre solution sécuritaire pourrait être disponible sur place?

LDA a donc transmis six questions à Santé Québec.

Note de LDA : Par souci de transparence et afin de préserver intégralement le sens et la formulation des réponses reçues, les réponses de Santé Québec reproduites dans cet article sont publiées intégralement et sans modification.

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Santé Québec sait-il combien de fois les paramédics sont appelés?

Nous avons d'abord demandé :

Santé Québec compile-t-elle des statistiques sur les interventions ambulancières effectuées uniquement pour une levée sans transport? Si oui, combien de telles interventions sont réalisées annuellement au Québec?

Santé Québec répond :

En CHSLD comme en RPA, nous n’avons pas ces données au siège social de Santé Québec.

Pour certaines RPA avec des services infirmiers, les infirmières peuvent procéder à une évaluation clinique à la suite d’une chute avec la contribution des infirmières auxiliaires.

En CHSLD, l'approche repose davantage sur la prévention des chutes. Le recours aux ambulanciers ou aux équipes paramédicales pour les levées sans urgence médicale y est peu fréquent, notamment en raison des méthodes d'évaluation clinique en place et de la disponibilité d'équipements de relevage adaptés.

Cette réponse soulève immédiatement une question.

Santé Québec indique ne pas disposer, à son siège social, des données permettant de connaître le nombre de ces interventions. Pourtant, l'organisation affirme dans la même réponse que le recours aux équipes paramédicales pour les levées sans urgence médicale en CHSLD est « peu fréquent ».

La réponse ne précise pas sur quelles données, analyses ou autres sources d'information repose cette caractérisation.

Les témoignages reçus par LDA ne constituent évidemment pas une mesure statistique du phénomène. Ils montrent toutefois pourquoi la question mérite d'être posée : plusieurs paramédics ont décrit ces interventions comme une réalité récurrente de leur travail.

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Quelles sont les règles?

Nous avons demandé :

Existe-t-il des directives provinciales encadrant le recours aux équipes paramédicales pour les levées sans urgence médicale dans les CHSLD et les RPA?

Santé Québec répond :

Il n’y a pas de directive spécifique concernant les situations de levée sans transport en RPA.

Toutefois, le Règlement sur la certification des résidences privées pour aînés (RPA) prévoit que les exploitants de RPA et les établissements de santé et de services sociaux concluent une entente de collaboration. Cette entente prévoit les modalités lors d'une chute d’un résident afin d’assurer une intervention sécuritaire.

En CHSLD, les procédures locales peuvent prévoir le recours aux services préhospitaliers d'urgence lorsqu'un relevage sécuritaire ne peut être assuré sur place.

Cette réponse permet notamment de comprendre pourquoi les pratiques peuvent varier d'un établissement à l'autre.

Mais elle introduit aussi une distinction importante : le recours aux services préhospitaliers en CHSLD peut être prévu lorsqu'un relevage sécuritaire ne peut être assuré sur place.

La question devient alors de savoir à quelle fréquence cette condition est réellement rencontrée — et pourquoi.

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Personnel, formation et équipements

Nous avons ensuite demandé :

Les CHSLD et les RPA sont-ils tenus de disposer du personnel, de la formation ou des équipements nécessaires pour effectuer certaines levées de façon sécuritaire, sans recourir aux services ambulanciers?

Santé Québec répond :

Les exigences applicables aux RPA varient selon leur catégorie ainsi que le nombre de chambres ou logements. Ces exigences déterminent notamment le personnel requis et les services pouvant être offerts aux résidents.

Certaines RPA disposent de personnel infirmier pouvant procéder ou contribuer à une évaluation clinique à la suite d'une chute.

Les RPA de catégories 3 et 4 doivent notamment compter sur du personnel formé en principes de déplacement sécuritaire des personnes. Cette formation porte entre autres sur l’utilisation sécuritaire des équipements de levage ainsi que les techniques permettant d’assister une personne à se relever du sol.

Certaines RPA disposent de lève-personnes ou d’autres équipements de levage, mais leur présence n’est pas obligatoire.

Les interventions doivent toujours être réalisées conformément aux principes de sécurité applicables afin de protéger à la fois les résidents et les travailleurs.

En CHSLD, le personnel reçoit une formation sur les principes pour le déplacement sécuritaire des personnes, ce qui inclut le relevage d'une personne à la suite d'une chute. Il est également formé à l'utilisation sécuritaire du lève-personne ainsi qu'aux mesures de prévention des chutes.

De plus, les CHSLD s'assurent de disposer du personnel nécessaire pour effectuer les relevages de façon sécuritaire, sans recourir aux services ambulanciers.

La procédure à suivre à la suite d'une chute est généralement similaire dans l'ensemble des CHSLD. Toutefois, chaque établissement dispose de procédures internes précisant les modalités d'application selon son organisation et ses pratiques.

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Cette dernière affirmation est particulièrement importante.

Selon Santé Québec, les CHSLD s'assurent donc de disposer du personnel nécessaire pour effectuer les relevages de façon sécuritaire « sans recourir aux services ambulanciers ».

Or, des paramédics ayant participé à notre discussion ont décrit précisément le contraire : des déplacements vers des établissements afin d'effectuer des relevages sans transport.

Ces témoignages ne permettent pas d'en déterminer la fréquence. Mais mis en parallèle avec la réponse officielle, ils soulèvent une question évidente : si les CHSLD disposent du personnel nécessaire pour effectuer ces relevages sans recourir aux services ambulanciers, pourquoi des équipes paramédicales sont-elles appelées pour les effectuer?

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« Ils n'ont pas le droit »

Cette phrase revenait sous différentes formes dans plusieurs commentaires : du personnel est présent, mais affirme ne pas avoir le droit de relever la personne.

Nous avons donc demandé :

Santé Québec est-elle au courant de situations où le personnel d'un CHSLD ou d'une RPA affirme ne pas être autorisé à relever un usager en raison de protocoles, de politiques internes ou de considérations liées à la santé et à la sécurité au travail?

Santé Québec répond :

En RPA, lorsque la résidence ne dispose pas de personnel infirmier pouvant effectuer une évaluation à la suite d’une chute, elle doit appliquer les protocoles et trajectoires prévus dans l'entente de collaboration conclue avec l’établissement de santé concerné.

Dans les RPA qui disposent d'un Port-O-Lift (cet équipement n'étant pas obligatoire), celui-ci peut être utilisé uniquement lorsque l'état de la personne ne laisse pas soupçonner une blessure liée à la chute et que l'intervenant est en mesure d'effectuer le relevage de façon sécuritaire, conformément aux procédures en vigueur. Son utilisation est réservée aux situations où la personne est incapable de se relever en raison d'une faiblesse ou d'une perte de mobilité, et non lorsqu'une blessure est suspectée ou qu'une évaluation clinique est requise.

En CHSLD, le préposé aux bénéficiaires n'est pas autorisé à relever un usager avant qu'une évaluation clinique ait été réalisée. À la suite de cette évaluation, l'usager est relevé de façon sécuritaire par un professionnel habilité à déterminer si le relevage peut être effectué (p. ex. infirmière). La méthode de relevage retenue est adaptée aux conclusions de l'évaluation clinique, au niveau d'autonomie de l'usager et aux équipements disponibles.

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Cette réponse apporte une précision essentielle : le problème n'est pas nécessairement que personne sur place ne puisse effectuer un relevage. En CHSLD, Santé Québec explique qu'une évaluation clinique doit d'abord être réalisée.

Mais la phrase suivante est particulièrement intéressante.

Après cette évaluation, Santé Québec indique que l'usager est relevé par un professionnel habilité et donne comme exemple une infirmière.

Cette réponse doit également être lue avec celle donnée à la question précédente, dans laquelle Santé Québec affirme que les CHSLD disposent du personnel nécessaire pour effectuer les relevages sans recourir aux services ambulanciers.

Cela laisse entière une question centrale : une fois l'évaluation clinique réalisée et le relevage jugé sécuritaire, pourquoi une équipe paramédicale serait-elle nécessaire uniquement pour relever l'usager?

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Un Priority 7 peut attendre. Mais que se passe-t-il une fois l'équipe affectée?

Nous avons demandé :

Santé Québec considère-t-elle que les interventions de levée sans transport représentent un enjeu pour la disponibilité des équipes paramédicales et des ambulances au Québec?

Santé Québec répond :

Pour les services préhospitaliers d'urgence, il s'agit généralement d'un appel de priorité 7, soit un appel non-urgent. Pour cette raison, ce type d’appel peut entraîner un délai d'attente prolongé pour la personne nécessitant une assistance.

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Cette réponse explique ce qui peut arriver avant l'affectation : puisqu'il s'agit généralement d'un appel de priorité 7, la personne au sol peut attendre qu'une équipe devienne disponible.

Elle ne répond cependant qu'à une partie de la question sur la disponibilité des ressources.

Une fois qu'une équipe paramédicale est affectée à l'appel et engagée dans l'intervention, elle n'est plus immédiatement disponible pour répondre à un autre appel.

Dans certaines régions du Québec, particulièrement la nuit, une seule ambulance peut couvrir un vaste territoire. Si cette équipe est occupée à effectuer une levée sans transport et qu'un appel de priorité 0 ou 1 survient à proximité, une autre équipe peut devoir parcourir une distance beaucoup plus importante pour y répondre.

Le même principe vaut dans les grands centres lorsque le système fonctionne déjà avec très peu de marge de manœuvre. LDA a documenté à répétition des périodes où les ressources d'Urgences-santé sont fortement sollicitées et où des appels attendent qu'une équipe devienne disponible.

Un appel peut donc être de faible priorité pour le patient qui attend, tout en ayant un impact sur la capacité du système une fois qu'une ressource lui est affectée.

C'est cette distinction qui était au cœur de nombreux commentaires reçus par LDA.

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Santé Québec travaille à revoir certaines pratiques

Enfin, nous avons demandé :

Des travaux ou des réflexions sont-ils actuellement en cours afin de revoir les pratiques entourant les levées sans transport ou de développer d'autres modèles d'intervention?

Santé Québec répond :

En RPA, des travaux sont en cours afin d’harmoniser les ententes de collaboration applicables dans l’ensemble du réseau de Santé Québec. Ces travaux comprennent notamment la révision et l’harmonisation des outils et des protocoles liés à la gestion des chutes.

Toutefois, pour les RPA qui ne disposent pas de professionnels en soins infirmiers pouvant effectuer une évaluation clinique après une chute, les possibilités d’interventions alternatives demeurent limitées. Les principes de déplacement sécuritaire des personnes ainsi que les exigences relatives à la sécurité des résidents et du personnel doivent être respectés en tout temps.

Par ailleurs, bien que des orientations et des outils harmonisés soient cours d'élaboration, chaque établissement conservera l’autonomie nécessaire pour adapter les trajectoires de services à sa réalité locale et aux ressources disponibles sur son territoire.

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Voilà peut-être l'élément le plus concret pour la suite.

Santé Québec reconnaît que des travaux sont en cours pour revoir et harmoniser les protocoles liés à la gestion des chutes dans les RPA.

Mais après les dizaines de commentaires reçus par LDA et les réponses fournies par Santé Québec, plusieurs questions demeurent.

Combien de fois des équipes paramédicales sont-elles réellement mobilisées pour des levées sans transport au Québec?

Sur quoi Santé Québec se base-t-elle pour qualifier ce recours de « peu fréquent » en CHSLD alors qu'elle indique ne pas disposer de données provinciales au siège social?

Et surtout, lorsque l'évaluation clinique a déjà été effectuée, qu'aucune urgence médicale n'est identifiée et que l'établissement dispose du personnel nécessaire pour effectuer un relevage sécuritaire, pourquoi mobiliser une équipe paramédicale?

Ce sont maintenant ces questions que LDA continuera de creuser.


No emergency. No transport. Why paramedics?

It started with a relatively simple question.

Should Quebec consider charging for certain lift-assist calls in long-term care centres (CHSLDs) and private seniors’ residences (RPAs) when there is no medical emergency and no transport?

The question followed the adoption of a bylaw in Methuen, Massachusetts, imposing a US$500 fee for certain lift-assist calls involving no medical emergency and no transport at care facilities and seniors’ residences.

La Dernière Ambulance’s post quickly generated dozens of comments.

Paramedics, nurses, personal support workers, residence employees, caregivers and members of the public joined the discussion.

And fairly quickly, the debate moved beyond the question of fees.

Paramedics described being called to facilities solely to lift someone from the floor. Workers explained that some policies prohibited them from doing the lift themselves. Other readers raised questions about training, occupational health and safety, professional responsibilities and lifting equipment already available in some facilities.

A much more fundamental question emerged:

Why mobilize a paramedic crew for a lift assist involving no medical emergency and no transport when another safe solution could be available on site?

LDA submitted six questions to Santé Québec.

LDA note: In the interest of transparency and to preserve the meaning and substance of the responses received, Santé Québec’s answers are presented in full. For this English-language version, they have been translated from the original French without substantive editorial alteration.


Does Santé Québec know how often paramedics are called?

We first asked:

Does Santé Québec compile statistics on ambulance responses performed solely for a lift assist without transport? If so, how many such interventions are carried out annually in Quebec?

Santé Québec responded:

In CHSLDs as in RPAs, we do not have this data at Santé Québec’s head office.

In some RPAs with nursing services, nurses can perform a clinical assessment following a fall, with the contribution of licensed practical nurses.

In CHSLDs, the approach focuses more on fall prevention. The use of paramedics or paramedic teams for lift assists without a medical emergency is infrequent, particularly because of the clinical assessment methods in place and the availability of appropriate lifting equipment.

That answer immediately raises a question.

Santé Québec says its head office does not have the data needed to determine how many of these calls occur. Yet in the same response, the organization describes the use of paramedic crews for non-emergency lift assists in CHSLDs as “infrequent.”

The response does not specify what data, analysis or other source of information supports that characterization.

The accounts received by LDA are obviously not a statistical measure of the phenomenon. They do, however, show why the question deserves to be asked: several paramedics described these calls as a recurring part of their work.


What are the rules?

We asked:

Are there provincial directives governing the use of paramedic crews for non-emergency lift assists in CHSLDs and RPAs?

Santé Québec responded:

There is no specific directive concerning lift-assist situations without transport in RPAs.

However, the Regulation respecting the certification of private seniors’ residences provides that RPA operators and health and social services institutions enter into a collaboration agreement. That agreement establishes procedures following a resident’s fall in order to ensure a safe intervention.

In CHSLDs, local procedures may provide for the use of prehospital emergency services when a safe lift cannot be carried out on site.

This response helps explain why practices may vary from one facility to another.

But it also introduces an important distinction: in a CHSLD, prehospital emergency services may be called when a safe lift cannot be performed on site.

The question then becomes how often that condition is actually encountered — and why.


Staffing, training and equipment

We then asked:

Are CHSLDs and RPAs required to have the staff, training or equipment necessary to perform certain lifts safely without calling ambulance services?

Santé Québec responded:

The requirements applicable to RPAs vary according to their category and the number of rooms or units. These requirements determine, among other things, the staffing required and the services that may be provided to residents.

Some RPAs have nursing staff who can perform or contribute to a clinical assessment following a fall.

Category 3 and 4 RPAs must notably have staff trained in the principles of safe patient handling. This training includes the safe use of lifting equipment as well as techniques for assisting a person in getting up from the floor.

Some RPAs have patient lifts or other lifting equipment, but their presence is not mandatory.

Interventions must always be carried out in accordance with applicable safety principles in order to protect both residents and workers.

In CHSLDs, staff receive training in the principles of safe patient handling, which includes lifting a person following a fall. They are also trained in the safe use of patient lifts and in fall-prevention measures.

In addition, CHSLDs ensure that they have the staff necessary to perform lifts safely, without calling ambulance services.

The procedure to be followed after a fall is generally similar across CHSLDs. However, each facility has internal procedures specifying how those measures are applied according to its organization and practices.

That final statement is particularly important.

According to Santé Québec, CHSLDs ensure that they have the staff needed to perform lifts safely “without calling ambulance services.”

Yet paramedics who participated in LDA’s discussion described precisely the opposite: being dispatched to facilities to perform lift assists that did not result in transport.

Those accounts do not allow us to determine how often this occurs.

But when placed alongside Santé Québec’s official response, they raise an obvious question:

If CHSLDs have the staff necessary to perform these lifts without calling ambulance services, why are paramedic crews being called to perform them?


“They’re not allowed”

That phrase appeared in different forms in several comments: staff are present, but say they are not permitted to lift the person.

So we asked:

Is Santé Québec aware of situations in which staff at a CHSLD or RPA say they are not authorized to lift a resident because of protocols, internal policies or occupational health and safety considerations?

Santé Québec responded:

In RPAs where the residence does not have nursing staff able to perform an assessment following a fall, it must follow the protocols and care pathways set out in the collaboration agreement with the health institution concerned.

In RPAs equipped with a Port-O-Lift — which is not mandatory — the device may be used only when the person’s condition does not suggest an injury related to the fall and the worker is able to perform the lift safely, in accordance with established procedures. Its use is limited to situations where the person is unable to get up because of weakness or loss of mobility, and not when an injury is suspected or a clinical assessment is required.

In CHSLDs, a personal support worker is not authorized to lift a resident before a clinical assessment has been performed. Following that assessment, the resident is lifted safely by a professional authorized to determine whether the lift can be carried out, for example a nurse. The lifting method selected is adapted to the findings of the clinical assessment, the resident’s level of autonomy and the equipment available.

This response provides an essential clarification: the issue is not necessarily that no one on site is able to perform the lift.

In a CHSLD, Santé Québec explains that a clinical assessment must first take place.

But the next sentence is particularly interesting.

After that assessment, Santé Québec says the resident is lifted by an authorized professional, giving a nurse as an example.

That answer must also be read alongside the response to the previous question, in which Santé Québec states that CHSLDs have the staff required to perform lifts without calling ambulance services.

That leaves a central question unanswered:

Once the clinical assessment has been completed, no medical emergency has been identified and the lift has been deemed safe, why would a paramedic crew be required simply to lift the resident?


A Priority 7 can wait. But what happens once a crew is assigned?

We asked:

Does Santé Québec consider non-transport lift assists to be an issue affecting the availability of paramedic crews and ambulances in Quebec?

Santé Québec responded:

For prehospital emergency services, this is generally a Priority 7 call, meaning a non-urgent call. For that reason, this type of call can result in a prolonged wait for the person requiring assistance.

That answer explains what can happen before a crew is assigned: because the call is generally classified as Priority 7, the person on the floor may wait until a crew becomes available.

But it answers only part of the question about resource availability.

Once a paramedic crew is assigned and committed to the call, it is no longer immediately available to respond somewhere else.

In some parts of Quebec, particularly overnight, a single ambulance may cover a vast territory. If that crew is occupied with a non-transport lift assist and a Priority 0 or Priority 1 call occurs nearby, another ambulance may have to travel a much greater distance to respond.

The same principle applies in major urban centres when the system is already operating with very little margin.

LDA has repeatedly documented periods when Urgences-santé resources are heavily committed and calls are waiting for a crew to become available.

A call can be low priority for the patient who is waiting while still affecting system capacity once a resource is assigned to it.

That distinction was at the heart of many of the comments received by LDA.


Santé Québec is reviewing some of these practices

Finally, we asked:

Are any initiatives or discussions currently underway to review practices surrounding non-transport lift assists or to develop alternative models of intervention?

Santé Québec responded:

In RPAs, work is underway to harmonize the collaboration agreements applicable throughout the Santé Québec network. This work includes the review and harmonization of tools and protocols related to fall management.

However, for RPAs that do not have nursing professionals able to perform a clinical assessment following a fall, the possibilities for alternative interventions remain limited. The principles of safe patient handling, as well as requirements concerning resident and worker safety, must be respected at all times.

Furthermore, although harmonized guidance and tools are being developed, each institution will retain the autonomy needed to adapt service pathways to its local reality and the resources available in its territory.

That may be the most concrete indication of what comes next.

Santé Québec acknowledges that work is underway to review and harmonize protocols related to fall management in RPAs.

But after the dozens of comments received by LDA and the responses provided by Santé Québec, several questions remain.

How often are paramedic crews actually being mobilized for non-transport lift assists in Quebec?

What is Santé Québec relying on when it describes their use in CHSLDs as “infrequent,” while also saying it does not have provincial data at its head office?

And above all:

When the clinical assessment has already been completed, no medical emergency has been identified and the facility has the staff necessary to perform the lift safely, why mobilize a paramedic crew?

Those are the questions LDA will continue to pursue.

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