Plus de 33 700 heures de service ambulancier non livrées
Les données obtenues par La Dernière Ambulance représentent l’équivalent de plus de 5 600 quarts individuels de paramédics de 12 heures. La réponse de Santé Québec s’arrête toutefois à la fin juin 2026.
Des heures de couverture autorisées. Mais pas livrées.
Dans une réponse à une demande d’accès de La Dernière Ambulance datée du 30 octobre 2026, Santé Québec rapporte 3 901 912,42 heures de service ambulancier autorisées, contre 3 868 208,85 heures effectivement livrées, pour la période commençant le 1er avril 2025 et se terminant à la fin juin 2026.
La différence : 33 703,57 heures de service ambulancier non livrées.
Ces heures représentent une couverture qui aurait nécessité 67 407,14 heures de présence de paramédics, à raison de deux paramédics par ambulance. C’est l’équivalent de plus de 5 600 quarts individuels de 12 heures.
Pour une seule ambulance, ce volume correspond à environ 1 404 jours de couverture continue, soit près de quatre ans. Il s’agit d’une équivalence cumulée, et non d’une seule interruption de service.
Un total qui ne raconte pas toute l’histoire
Les heures non livrées représentent 0,86 % des heures autorisées.
Mais ce pourcentage ne dit pas où la couverture a manqué, pendant combien de temps, ni quelles ressources restaient disponibles pour répondre aux appels. Il ne permet pas de distinguer une réduction de couverture dans un secteur disposant de plusieurs ambulances de l’interruption du seul véhicule d’une communauté.
Le tableau transmis ne ventile les pertes ni par région, ni par entreprise, ni par période. Il ne précise pas non plus leurs causes.
Pourquoi la demande a été réduite
La demande initiale de LDA visait également les motifs associés aux heures non livrées ainsi que les ajustements financiers, retenues, récupérations ou pénalités correspondants.
Lors d’un entretien téléphonique le 21 octobre, une avocate de Santé Québec a expliqué à LDA que la demande risquait de ne pas aboutir parce qu’elle pourrait nécessiter la communication de renseignements privés d’entreprises, auxquelles celles-ci pourraient s’opposer.
Afin d’obtenir les chiffres de base, LDA a accepté de limiter sa demande aux heures totales autorisées, livrées et non livrées, et de retirer les volets concernant les motifs et les conséquences financières.
Cette mise en garde ne signifie pas que des entreprises ont effectivement refusé de communiquer des renseignements dans ce dossier.
Des données qui s’arrêtent en juin
Autre limite importante : la réponse reçue le 30 octobre ne fournit aucune donnée sur les heures non livrées pendant l’été et le début de l’automne.
Santé Québec écrit que les données disponibles couvrent uniquement la période allant jusqu’au 26 juin 2026, puisque le cycle de facturation couvrant la période du 27 juin jusqu’à la date de la demande, le 2 octobre, est toujours en cours.
Le tableau porte toutefois la date de fin du 27 juin, soit un écart d’un jour avec l’explication écrite.
Cette réponse soulève une question essentielle : quels renseignements Santé Québec utilise-t-elle pour surveiller la couverture ambulancière réellement assurée pendant qu’un cycle de facturation demeure ouvert?
Le document ne permet pas de déterminer quels outils de suivi opérationnel existent en parallèle.
La population doit pouvoir savoir quelle couverture ambulancière était prévue dans son secteur — et quelle couverture a réellement été assurée.
More than 33,700 hours of ambulance service not delivered
Records obtained by The Last Ambulance represent the equivalent of more than 5,600 individual 12-hour paramedic shifts. Santé Québec’s response, however, stops at the end of June 2026.
Hours of ambulance coverage authorized. But not delivered.
In an October 30, 2026 response to an access-to-information request from The Last Ambulance, Santé Québec reports 3,901,912.42 authorized ambulance service hours, compared with 3,868,208.85 hours actually delivered, for the period beginning April 1, 2025 and ending in late June 2026.
The difference: 33,703.57 hours of ambulance service not delivered.
Providing that coverage would have required 67,407.14 paramedic staffing hours, based on two paramedics per ambulance. That is the equivalent of more than 5,600 individual 12-hour shifts.
For a single ambulance, that volume represents approximately 1,404 days of continuous coverage, or nearly four years. This is a cumulative equivalent, rather than a single service interruption.
A total that does not tell the whole story
Undelivered hours account for 0.86% of authorized hours.
But that percentage does not reveal where coverage was lost, how long the gaps lasted or what resources remained available to answer calls. It cannot distinguish a reduction in an area with several ambulances from the loss of a community’s only ambulance.
The table provides no breakdown by region, company or reporting period. It does not identify the causes.
Why the request was narrowed
LDA’s original request also sought the reasons for undelivered hours and any corresponding financial adjustments, withheld payments, recoveries or penalties.
During an October 21 telephone conversation, a Santé Québec lawyer told LDA the request might not be fulfilled because it could require disclosure of private business information, which the companies could oppose.
To obtain the basic figures, LDA agreed to limit its request to total authorized, delivered and undelivered hours, withdrawing the portions concerning causes and financial consequences.
That warning does not mean companies actually refused to disclose information in this case.
Records that stop in June
Another significant limitation: the response received October 30 provides no figures for undelivered hours during the summer and early fall.
Santé Québec says its available data extend only through June 26, 2026, because the billing cycle covering June 27 through the October 2 request date remains in progress.
The table itself lists June 27 as the end date, a one-day discrepancy with the written explanation.
The response raises an essential question: what information does Santé Québec use to monitor ambulance coverage actually delivered while a billing cycle remains open?
The document does not establish what separate operational monitoring tools exist.
People should be able to know what ambulance coverage was planned for their community — and what coverage was actually delivered.